De toi à moi #3 : la gestation pour Autrui

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Le rendez-vous du mercredi, toutes les trois semaines, pour parler, apprendre, débattre.

1, 2, 3 ! Que les sujets inspirent, que les idées virevoltent, que les échanges soient riches !

***

Nous avons décidé pour ce troisième rendez-vous de traiter de la Gestation pour autrui. Selon l’Institut Européen de Bioéthique : « L’expression « gestation pour autrui » (GPA) désigne  un ensemble de situations dans lesquelles une femme, la  mère  porteuse,  accepte  de  porter  et  de  mettre  au  monde un enfant à la demande d’un couple. » On peut parler aussi parfois de :  « Maternité pour autrui, location d’utérus, délocalisation  de grossesse, maternité de substitution. Pour désigner  la  femme  concernée,  on  parle  de  «mère  porteuse»,   «mère gestationnelle», «mère de substitution», etc. » [Plus d’infos]

Bon, maintenant au travail, je dois répondre à vos questions, merci encore à vous de vous être prêtés au jeu !

***

1- Pourriez-vous faire cela ? Être mère porteuse ?

Très clairement, je ne pourrais le faire. Je ne me vois pas porter un enfant, le sentir vivre et grandir en moi et me dire qu’il n’est pas le mien. Je n’imagine pas vivre l’accouchement, le porter sur moi, sentir son petit corps tout chaud et le laisser partir ensuite. N’y voyez pas ici de jugements. Ne pas vouloir le faire, ne pas s’en sentir capable, ne veux pas dire que je désapprouve la GPA ou que je trouve sans cœur celles qui le font/feraient. A vrai dire il m’est encore difficile de me faire une idée précise.

Je me dis que même bien préparée psychologiquement et en ayant bien réfléchie à un tel acte, rien ne m’assure qu’une fois le bébé né, je ne changerais pas d’avis ou ne serais pas en souffrance.

2- Dans quels cas pourriez-vous le faire et pour qui ?

Je ne sais pas s’il y a un ou des cas précis où je pourrais accepter de le faire. En revanche et bizarrement peut être, je crois que je préfèrerais ne pas avoir de lien avec le couple de futurs parents. Il me serait trop dur d’être amenée à rencontrer souvent cet enfant qui ne serait pas le mien (mais un peu quand même…), le voir grandir tout près et si loin de moi en même temps. Ma seule préoccupation serait que cet enfant que j’aurais porté se retrouve dans une famille sûre et prompte à assurer son épanouissement, peu importe le milieu social d’origine, une famille aimante avec un vrai désir d’enfant.

Mais pour être honnête, vous parler de ceci s’apparente plus à de la science-fiction car, comme je vous l’ai dit, je ne me sentirais pas capable de le faire.

Et puis j’estime que dans une telle situation, mon homme aurait aussi toute sa place à prendre quant à la décision.

3- Pourriez-vous le faire n’étant vous même pas encore maman ?

Je crois que cela ne changerait pas grand chose en fait. J’ai vécu deux belles grossesses, j’ai aimé être enceinte, alors être « mère porteuse » avant d’avoir été mère, ne me semble pas changer la donne. J’aurais eu une belle grossesse mais pour une autre ? Comment laisser partir ce petit être que j’ai aimé porter ? Car même si génétiquement rien ne nous unit, ces 9 mois représentent selon moi quelque chose de fort et puissant qui crée un lien unique.

4- Comment expliquer à son entourage ce choix de porter pour une autre ? Comment l’expliquer à ses enfants ?

En lisant cette question je me suis dit que je serais bien démunie, pas tant par l’entourage car je me fiche bien de savoir si l’explication que je pourrais donner leur convient ou pas, mais plus par rapport à mes enfants. Cette démarche pour donner du sens à cet acte semble plus complexe.

Dans tous les cas, j’essayerais d’être le plus clair possible, dans la plus grande simplicité. « Maman porte un bébé. Elle en prend soin, fait tout pour qu’il aille bien et ensuite il rejoindra son vrai papa, sa vraie maman ». Mais le comprendraient-ils ? Sincèrement, je ne sais pas.

5- Quels sont les risques pour la « couveuse » psychologiquement parlant ?

Et bien, de trop s’attacher et de ne pas réussir à se détacher de l’enfant forcément, de vivre ensuite avec ce manque créé par l’absence d’un bébé porté. Ce qui serait intéressant serait de trouver des études sur le sujet, faites dans les pays pratiquant ou autorisant la GPA. J’ai peur autrement de virer « psychologie de comptoir ».

6- Selon vous, cela doit-il être du cas par cas, ou une généralité dans le cadre d’une future loi ?

Je dirais simplement que si loi il y a, elle doit être d’une grande précision, limiter au maximum les risques d’instrumentalisation ou de marchandisation du corps ou de l’enfant. Il ne doit pas selon moi y avoir de compensation financière, si ce n’est la prise en charge de la grossesse comme toute autre grossesse.

Et elle doit évidemment veiller à protéger en priorité les droits de l’enfant porté. Quant à la mère porteuse, quel statut lui donner ?

En tout cas, une chose peut être faite dès maintenant, c’est l’inscription à l’Etat-Civil des enfants nés par GPA dans un pays étranger même si celle-ci n’est pas reconnue dans le pays où l’enfant vit.

***

Suite à vos questions, je me suis rendue compte à quel point tout ceci était compliqué tant d’un point de vue psychologique, émotionnel, éthique et juridique. Et puis j’avoue que la GPA est un sujet bien déstabilisant et interroge sur ce qu’est la maternité. S’il me semble indiscutable que l’on puisse s’attacher à un enfant que nous n’avons pas porté, en revanche je me demande comment ne pas s’attacher à un petit être qui a grandi en nous pendant 9 mois et le laisser partir… Je pense que je le vivrais comme une blessure.

Et puis qu’en est-il de l’adoption qui selon moi permet déjà de « donner » un enfant en situation d’abandon à une famille désireuse d’en avoir et ne pouvant faire autrement ?

Mais encore une fois, c’est un ressenti très personnel et sur le sujet j’aimerais connaître votre avis car je m’interroge encore beaucoup. En attendant, je m’en vais découvrir celui de Gaïa et ses Bulles de vie.

gestation pour autrui

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