Cet épuisement…

En voilà un article qui aura mis du temps à sortir, à s’écrire.

Ce soir je tente pour la première fois de mettre des mots sur cette année d’une nouvelle vie à 4, une année passionnante, surprenante, tourbillonnante mais aussi épuisante…

Ce  soir je pose ces mots comme pour clore un chapitre, celui de mon épuisement de maman.

Ce soir, je me confie, sans souhait de thérapie, je vais bien, mais plus pour mettre tout ça derrière moi.  Je ne veux rien oublier de cette année, j’ai vécu tant de choses fortes, qu’on ne se méprenne pas. Mais il y a un temps où les moments les plus difficiles qui nous aident pourtant à nous construire, à consolider ce que nous sommes, doivent faire place à autre chose. Un nouveau chapitre.

Ma fille, ma douce surprise aura bientôt un an. Je suis à la fois heureuse et impatiente de fêter cet événement et en même temps, je le redoute, car oui, le temps passe trop vite. Encore plus vite que pour mon petit mec. Cette date, c’est aussi pour moi l’occasion de faire un bilan.

Il se résume ainsi : oui, je suis fière de nous, de moi, d’avoir réussi à gérer cette vie à 4 avec deux enfants en bas en âge et une reprise du travail à temps plein tant bien que mal. Les choses roulent plus ou moins, les petites habitudes sont là, il y a des couacs mais on s’en sort. Et en même temps je me sens si fatiguée, parfois je ne me reconnais plus. Je peux être très irritable, je perds patience si facilement et cela fait un moment que ça dure. J’ai beau prendre sur moi, certaines fois  je n’arrive plus à lutter et je craque :  je me fâche, je me plains, je ressasse… Je vais mieux depuis le début des vacances mais malgré tout, l’épuisement est là. Ceci explique peut être cela.

Je ne me sens pas déprimée – ou tout du moins plus – juste sans force, l’énergie me manque même si encore une fois depuis le début des vacances j’ai comme un regain de motivation. On sort, on profite, je me détends enfin !

Je repense aussi à ces périodes de doute où je me disais que je n’assurais pas, que j’étais une mauvaise mère… Je me souviens aussi des pleurs pour un oui, pour un non. Des regrets et du mal au bide après m’être mise en colère contre mon pitchoune.  Il y ces moments qui remontent à la surface et où tu te dis :  « Assure ma vieille et arrête de te plaindre, tu l’as voulu cette vie, non ? » Oh oui, je l’ai voulu et j’en suis si heureuse mais que cela a été dur parfois…

Ça l’est encore un peu aujourd’hui, mon fils nous en faisant voir de toutes les couleurs, tout en étant de plus en plus irrésistible, ma fille demandant de plus en plus d’énergie dans sa découverte effrénée du monde, mais ça va tellement mieux.

Je crois qu’il faut savoir se l’avouer : oui, être mère, c’est compliqué. Oui l’arrivée d’un deuxième enfant, c’est un chamboulement émotionnel pour tout le monde.  Oui, j’ai du reprendre de nouvelles marques, revoir  mes exigences à la baisse. Oui , j’ai le droit d’être épuisée, faible parfois. Oui la culpabilité est un sentiment qui  m’envahit souvent, j’ai renoncé à le faire disparaître, j’essaie de vivre avec. Oui, j’ai crié plus que je ne le voulais. Oui, j’ai pleuré quelques fois. Oui, j’ai voulu être seule pour me ressourcer.

C’est humain, je suis faillible, et devenir mère ne me rend pas invincible.  Merci à TOI de m’avoir ouvert les yeux.

J’ai été épuisée, je me retape petit à petit. J’ai parfois pensé à la dépression post-partum, je ne le crois plus maintenant. J’ai connu cet état de dépression autrefois, et ça n’y ressemble pas. Déprimée sans doute un peu, c’est même certain pour être honnête. Mais malgré tout, cette vie je l’aimais, je l’aime. Cette vie j’en était fière et je le suis encore.  Quoiqu’il se passe, j’aime notre quatuor.

La vie trace son chemin, il est tortueux, il n’a rien d’une ligne droite et c’est mieux comme ça. J’ai toujours préféré le pittoresque d’une route sinueuse de campagne…

Voilà, c’est fini, le chapitre se clôt, je m’excuse d’avance si les mots qu’il contient sont un peu confus mais il faut qu’ils sortent, je n’en maîtrise pas forcément le flot.

épuisement maternel

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8 réflexions sur “Cet épuisement…

  1. Mon dieu… j’ai un la chair de poule et les larmes aux yeux. Ton texte ressemble mot pour mot à cette année que je viens de vivre, à cet épuisement qui n’est pas une dépression (que j’ai connu pour prems et qui n’a rien à voir). J’ai accouché de deuz en juin 2012, et j’ai trop crié, et en effet depuis les vacances ça va mieux… c’est fou comme ça fait du bien de savoir qu’une autre maman a vécu la même chose avec pleins de détails identiques… en effet le rôle de maman est souvent difficile, tellement de sentiments contradictoires…

  2. idem, j’en ai les larmes aux yeux tellement ce que tu décris je le vis l’ai vécu et le vivrai … cette sensibilité exacerbée , cette irritabilité mais aussi cette joie et moment de bonheur …

      • on fait aller (mon titi a 19 mois) … le manque de repos … mais une semaine à Rome en octobre devrait faire le plein de ressources, de dépaysements et de retrouvailles pour nous deux sans enfants!

  3. oui … mais c’est aussi la première fois que je pars en laissant mon titi …. pas une nuit sans lui …pas une nuit sans lui faire le bisou du soir ou lui passer la main sur le visage …

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