C’est notre place, et alors ?

Il y a deux jours, mon homme, les enfants et moi décidons de nous rendre au supermarché pour faire un cadeau à mamie pour son anniversaire ( que j’avais un ch’ti peu zappé, soyons honnêtes, et comme d’habitude je m’y suis donc prise au dernier moment).

Tout parent qui se respecte sait combien les courses en famille sont loin d’être une grande partie de rigolade mais bon parfois nous n’avons pas le choix (ou alors pire encore, nous avons quand même envie d’y aller), n’en déplaise aux ronchons qui nous regardent de travers parce que nos charmants bambins hurlent en pleine allée centrale (oui, j’exagère un peu – ou pas).

Nous entrons donc sur le parking et, comme souvent, je tente d’aller directement du côté des places famille. Vous savez celles avec un logo dans ce genre :

Bon selon les supermarchés ces places peuvent être jaunes, roses, orange… En fait, pour faire simple, ce sont des places réservées aux familles avec jeunes enfants. Elles sont plus larges et près des principales entrées. A priori elles n’ont pas d’existence législative.

Mais, comme souvent, toutes les places sont prises. Il y a plusieurs raisons à ça : manque de bol, manque de places de ce type, plein d’autres familles ont eu la même idée que nous (je hais les familles et leurs sales gosses qui hurlent dans l’allée centrale  !!!)…

Et puis il y a ceux qui s’y garent alors qu’ils n’ont rien à y faire. Au choix j’ai déjà eu la chance d’y rencontrer une voiture sportive coupée d’où sortent deux fringants cinquantenaires, une famille avec deux enfants, c’est vrai, mais de 18 et 20 ans (de beaux grands gaillards) ou encore une vieille twingo d’où s’échappe une meute de jeunes adultes en rut se préparant à fêter les vacances (ou autre, y’a toujours une bonne occas’ de faire la teuf).

Alors non, ces places ne sont pas un privilège réservé aux familles (bin oui après tout, on a fait des gosses, on assume), elles ne prennent pas des emplacements aux autres conducteurs (vu le petit nombre de places famille, je ne suis pas sûre qu’elles diminuent grandement le nombre de places de toute façon. Et puis ici ou ailleurs les familles auraient pris une place, quoi qu’il arrive).

Non, pour moi, ces places permettent juste de faciliter la sortie de voiture des enfants car elles sont tout simplement plus larges (et avec une coque ou un siège auto encombrant, il est plus facile d’en extraire la bête quand la porte est ouverte au maximum) et par la même occasion, elles limitent les risques de coups de portière sur la belle carrosserie flambant neuve d’à côté.  Enfin si elles sont plus proches de la sortie ce n’est pas pour épargner les grosses féfesses des mémères au foyer qui se laissent aller. Non, je me dis naïvement qu’ainsi on limite le danger lié aux déplacements sur parking avec des enfants en bas âge (oui, oui, ça peut être dangereux quand tu es avec tes deux gnomes et que de partout déboulent des voitures qui coupent à travers champ (enfin à travers marquage au sol, bref)).

Alors oui, certains peuvent continuer à dire « rien à battre » ou détester l’idée même qu’une famille puisse avoir une vie en dehors du nid familial. Oui, n’importe qui pourra continuer à utiliser ces places sans faire partie du public concerné car elles n’ont aucune reconnaissance légale et les contrevenants ne sont donc pas amendables.

Mais on peut aussi se dire que si ce genre d’emplacements existe c’est qu’il y a une bonne raison, que les gens sur Terre ne passent pas leur temps à chercher mille et une façon d’emmerder le monde juste pour le plaisir, que les familles et surtout les enfants ne sont les ennemis de personne et que si aujourd’hui je ne suis pas la personne que l’on « privilégie », demain ce sera peut être moi et que je serais donc content que l’on me respecte dans ce que je suis humainement et socialement.

Bref, encore une fois, tout est question de respect. Et si finalement nous apprenions juste à vivre ensemble ?

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Quel « genre » d’Ecole pour nos enfants ?

Quand on travaille dans l’enseignement on s’habitue très tôt à entendre tout et n’importe quoi sur notre profession. On apprend à ne plus se justifier d’avoir choisi ce métier par vocation et non pour les vacances. L’expérience aidant, on repère très vite les personnes avec qui il sera impossible d’échanger car pleines de préjugés, peu importe les arguments présentés. On excelle dans l’art de passer son chemin face à certaines aberrations ou autres amalgames proférés.

Enfin la plupart du temps…

Car oui, je suis humaine et parfois l’agacement semble poindre le bout de son nez, la colère me monte au nez… Et c’est le cas actuellement.

Rentrons dans le vif du sujet, parlons « théorie du genre ».

Cette théorie du genre ou « gender » est apparue, dans les années 1970 aux Etats-Unis, notamment sousla plume de Judith Butler. Son livre intitulé Trouble dans le genre – Pour un féminisme de la subversion  a été traduit en français en 2005.

Selon l’auteure, la distinction entre homme et femme, ainsi que l’hétérosexualité, est avant tout une construction sociale et culturelle. En somme, au delà des seules différences biologiques, il existe des interactions psychiques données par l’entourage ou la société dans le but d’assigner des rôles à chacun. [Source : europe1.fr]

Mon but ici n’est pas de débattre de cette fameuse théorie du genre qui serait apparemment  enseignée à nos enfants à l’école. (J’attends d’ailleurs toujours que l’on m’en fasse la preuve. Circulaires, BO et autres programmes semblent tout comme moi être passés à côté de l’info). Certains vont même jusqu’à dire que l’école chercherait à gommer les différences homme-femme, voulant faire de nos bambins des êtres asexués ou pire encore qu’elle laisserait les enseignants choisir le sexe de leurs élèves (Je suis Dieu !). Charmante perspective n’est-ce pas ?

Alors excusez-moi mais sur ce coup je vais vous dire simplement et crûment ce que j’en pense : il faut être sacrément naïf, bête et manquer de jugeote pour croire de telles absurdités.

En revanche il est bel et bien question d’enseigner l’égalité fille-garçon à l’école (cf. l’ABCD de l’égalité).  Egalité ? Aurais-je dit un gros mot ?

L’égalité entre les filles et les garçons, une mission de l’École ?

C’est la mission du système éducatif de faire réussir chacun et chacune, fille ou garçon, de la maternelle à l’enseignement supérieur. Cette réussite implique que les valeurs humanistes d’égalité et de respect entre les femmes et les hommes soient transmises et comprises dès le plus jeune âge. Ainsi, en améliorant l’enseignement à l’égalité garçons-filles, le ministère poursuit plusieurs objectifs :

Renforcer l’éducation au respect mutuel entre les filles et les garçons
Lutter contre les stéréotypes, et donc contre toutes les discriminations
Œuvrer pour la mixité des filières de formation et en faveur de l’égalité professionnelle. [Source : education.gouv.fr]

Théorie du genre ??? Alors là j’avoue, je cherche encore le lien. Mais je dois être un peu bête. Ou alors je fais preuve de corporatisme et de mauvaise foi. Ce doit être ça…

A moins qu’il ne s’agisse que d’amalgames ? En fait, pour faire simple, il y a ce que les gens imaginent  que l’on va faire (nier les différences biologiques hommes-femmes, créer de petits êtres asexués) et la réalité (enseigner l’égalité homme-femme dès le plus jeune âge pour lutter contre les inégalités homme-femme dans nos sociétés). On ne parle pas de biologie mais bien de rôles sociaux tenus par chacun. Et oui, de ce point de vue là, il faut bien parler d’une égalité nécessaire entre les hommes et les femmes. Il faut bien comprendre qu’il n’y a pas de déterminisme, qu’une femme et un homme peuvent exercer la même profession, qu’il n’y a pas de statuts ou positions dans la société plus dévolus aux femmes ou aux hommes, qu’une petite fille peut avoir les mêmes rêves qu’un petit garçon et inversement, les mêmes chances de réussite.

Alors quand j’entends dire que certains parents ont « retiré » leurs enfants de l’école en signe de contestation  de cette théorie, je prends peur face à la rumeur. Quand on sait que  Farida Belghoul, proche d’Alain Soral, en serait à l’origine, je me dis que l’on atteint des sommets.  Il serait peut être temps de développer davantage son esprit critique et sa curiosité intellectuelle, de chercher un peu plus loin que le bout de son nez, d’arrêter de jouer les moutons.

Et j’aurais pu parler de l’enseignement de la masturbation en Maternelle… Et puis non en fait, je crois que ceux qui ont envie de croire N’IMPORTE QUOI, n’y entendront RIEN.

Sur ce, je vais profiter de mon repos forcé à la maison pour reprendre la liste de mes élèves et choisir quel sexe je vais leur attribuer. A bon entendeur…

Elles aussi donnent de la voix !

Pavé dans la mare #17 : Danse, aime, vis !

Voilà tout de suite les quelques mots qui me sont venus à l’esprit en voyant cette photo d’une danseuse étoile posant alors qu’elle est enceinte et bientôt à terme !

danse enceinte

Source : grazia.fr

Mais apparemment, à lire certains commentateurs sur les réseaux sociaux, tout le monde ne perçoit pas les choses comme moi : cette femme serait dangereuse, l’image qu’elle renvoie d’elle-même serait peu esthétique, bref, en plus d’être inconsciente et égoïste, elle nous imposerait à voir la laideur…

Non, je n’exagère pas, malheureusement. Pour certains cette photo se résume à ça :

– Et après ça chiale parce que ça fait des fausses couches, pas à plaindre ces choses.

– C’est une très mauvais idée pour le bébé, vraiment une très mauvaise et je sais exactement de quoi je parle. Je dirais même que c’est tellement risqué que c’est criminel.

Alors pour info (car moi même je ne la connaissais pas), cette danseuse s’appelle Mary Helen Bowers, ancienne danseuse étoile au New York City Ballet du Lincoln Center qui a notamment coaché Natalie Portman sur le film « Black Swan ». Autant vous dire qu’en tant que sportive de haut-niveau elle connait très bien son corps, sait l’écouter beaucoup mieux que la plupart d’entre nous. Et à en lire cet article, elle semble avoir un mode de vie sain et équilibré.

D’autre part, j’imagine qu’elle pratique quelques exercices pour maintenir sa souplesse et ne pas perdre la main mais de façon moins intense . Il serait bien idiot de croire que la demoiselle danse 10 heures par jour, enchaînant ballets sur ballets, entre deux séances de coaching pour stars alors qu’elle est sur le point d’accoucher. Et puis quand on peut, ce n’est quand même pas si mal de se maintenir en forme pendant la grossesse. Bien sûr il y a des sports fortement déconseillés, ceux notamment pouvant provoquer des chutes ou autres coups mal placés. Il ne me semble pas que la danse en fasse partie. Un peu de marche, de yoga également ou encore de natation n’ont jamais mis en danger une femme portant la vie.

Enfin, être enceinte ce n’est pas être malade donc  sauf en cas de contre-indications (et j’imagine que cette jeune femme est suivie par un gynéco ou une sage -femme pratiquant dans les meilleurs services hospitaliers) ou complications pendant la grossesse le sport n’agit pas comme un virus dans un corps meurtri. Non, une femme enceinte ne reste pas enfermée, allongée toute la journée chez elle (sauf si elle le souhaite et elle a bien raison si c’est ce qu’il lui convient). Elle peut continuer à vivre presque normalement quand la grossesse se passe bien.

Cette photo suscite également des commentaires plus étonnants :

– mon dieu c est le musée des horreurs !

– Un ventre rond des premiers mois ok mais a terme ça rend moche…

Alors soit, être enceinte ce n’est pas tout beau, tout rose. Moi même je ne me trouve pas super canon et éblouissante sur les photos où je suis enceinte, notamment celle du 9ème mois où j’ai plus l’impression de traîner difficilement mes kilos, avec ma petite mine criant au monde « je veux accoucher !!!! ». Mais pour autant, concernant ces photos (prises par un pro, sachant mettre en valeur son modèle), je ne comprends pas bien que l’on puisse parler de « musée des horreurs » et que son gros bidon puisse la rendre moche. Vous me direz, chacun possède sa propre notion du Beau alors passons. Mais je reste fort dubitative.

Cette femme est belle et semble épanouie. Et même s’il ne s’agit (dans le pire des cas) que d’une mise en scène, elle a au moins le mérite de donner une image positive de la grossesse.

D’ailleurs, laissez moi un peu partir en digression. En effet, je me demande comment ces personnes choquées, outrées par cette photo réagissent quand ils voient une femme fumer ou boire un verre pendant la grossesse ?

« Rhô ce n’est pas un petit verre par ci par là qui va changer quelque chose ! »

« Oui bin il vaut mieux qu’elle continue de fumer plutôt que d’arrêter et stresser son bébé ».

Je ne veux juger personne, chacune est libre de vivre sa grossesse comme elle l’entend mais il faut savoir parfois s’offusquer à bon escient plutôt que d’être choquée par méconnaissance ou jalousie.

Pour finir, je n’ai quasiment pratiqué aucune activité physique pendant la grossesse, j’étais loin de pouvoir lever la patte ainsi, mon ventre bien rond se coltinait quelques copains portant chacun le doux nom de bourrelet et pourtant cette photo me plaît, elle n’est pas culpabilisante. J’y vois plus l’expression d’une forme d’art à travers la photo ! Alors pourquoi en débattre ? Sérieusement, ça vous choque ?

Source : grazia.fr

Source : grazia.fr

Edit du 30/12/13. Parce que je trouve que ses propos illustrent bien son état d’esprit  :

Être enceinte est un processus miraculeux et un très beau moment. […].J’ai voulu immortaliser cette période mais aussi la partager avec les autres. La grossesse est magique, je ne me suis jamais sentie si connectée à mon corps. Rétrospectivement, je suis ravie d’avoir pris tant de photos et de pouvoir documenter les différentes étapes. »[HuffPost américain]

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C’était mon pavé dans la mare chez Mère Cane !

les pavés dans la mare

Sont-ils complices ?

Sont-ils complices :

  •  tous ces gens qui en voient d’autres vivre des choses plus que difficiles mais ne disent rien ?
  • tous ces membres d’une même famille qui savent tout ou en grande partie mais qui continuent de saluer le Coupable, manger et boire avec Lui en ce jour de Noël ?
  • toutes ces personnes qui vous voient souffrir mais préfèrent fermer les yeux car ce ne sont pas leurs histoires ?
  • tous ceux qui te demandent des nouvelles de Lui, de son travail, de sa vie alors qu’ils savent pertinemment qu’Il ne fait plus partie de la tienne mais feignent de ne pas être au courant ?
  • tous ces hypocrites qui en plus de faire « comme si de rien n’était » en viendraient presque à Le défendre, Lui que certains courageux ne veulent plus voir ?
  • tous ceux enfin qui, sous Son emprise, disent Amen à tout, manquant de courage ou de force pour combattre, laissant de côté ces autres qui ont osé dire non ?

Oui, je suis en colère. Je suis en colère car parfois j’ai cette impression que ce sont toujours les méchants qui gagnent et que les gentils n’ont qu’à fermer leur g***le… Mais si vous savez, les gentils ???? Oui, oui, je parle bien de ceux qui sont toujours là quand on en a besoin, ceux avec qui on est les plus exigeants, ceux à qui on ne pardonne rien, ceux à qui on demande tout, ceux qu’on néglige souvent pour ne pas froisser les méchants qui EUX  bénéficient d’une immunité à vie pour tous leurs crimes…

J’ai la prétention de croire que je suis une gentille, je sais aussi qui est Le méchant. Et je sais encore que cette année il a eu le dernier mot… Le genre humain me dégoûte parfois. La race humaine me désespère souvent quand elle met aux rebuts ceux qui, sans être parfaits, permettent à l’Homme de ne pas sombrer dans la déchéance la plus totale.

Alors mes mots sont peut être forts, je penserais peut être différemment une fois apaisée mais là tout de suite, je n’ai qu’une envie, m’isoler dans ma bulle avec les miens le temps que l’Homme retrouve un peu de bon sens, de compassion, d’humanité quoi !

Source : weheartit.com

Vaincre l’obscurantisme…

 

 

Ces derniers temps, je fais GRISE mine. Ne vous inquiétez pas, je ne broie pas du NOIR. Mais il faut bien le dire, il m’arrive d’être VERTE de rage.Je ris souvent JAUNE face à tant d’incompréhension.  J’ai beau en avoir vu de toutes les COULEURS dans ma vie, je vois encore et toujours  ROUGE quand je suis confrontée à l’ignorance, alliée de première ordre des idées les plus sombres.

J’ai parfois même une peur BLEUE quand je me mets à penser à l’avenir de mes enfants dans ce monde où tout ce qui est autre, différent effraie. Dans ces cas là, j’essaie de  me reprendre pour voir de nouveau la vie en ROSE !

En fait, il faudrait parfois se mettre au VERT en laissant de côté tout ce qui peut parasiter nos vies, en oubliant l’intolérance, l’indifférence, la haine que propagent parfois certains F(a)N(atiques) et en remettant un bon coup de peinture BLANCHE sur quelques jeunes esprits déjà tant manipulés et pervertis…

Pourtant, je ne peux m’empêcher de croire que les choses, les gens changeront. Tout n’es pas NOIR ou BLANC, la vie est pleine de nuances. Je ne veux plus être BLANCHE comme un linge à chaque fois que je lis  ici ou là cette haine de l’autre qui transpire ! Je ne perdrais plus une MINUTE de ma vie à tenter de comprendre l’inacceptable. Je ne sais pas si je suis MALIGNE COMME UN SINGE, je n’ai pas toujours LA BANANE mais je tenterais au moins de garder la patate pour défendre ce qui pour moi est primordial : la tolérance, le respect, l’égalité, la liberté !

Et plus que tout, je ne souhaite pas être la lanterne ROUGE dans ce combat contre le racisme, les racismes, ce racisme ordinaire, cet autre décomplexé, assumé, parfois violent, parfois primaire. Toujours sans fondement, sans raison, tellement injustifiable…

Ce qu’il nous reste de mieux à faire, c’est de se tenir debout fièrement face à l’obscurantisme, les yeux dans les yeux, avec pour seule réponse  à cette montée du racisme dans notre pays la certitude d’être un être unique parmi la seule race qui existe, la race humaine, dont la seule richesse réside en sa diversité et sa palette de couleurs !

christiane taubira

« Aussi loin et différent que soit l’autre, l’autre est un autre moi-même. » Christine Taubira

 

 

Pavé dans la mare #16 : Ne croyez pas tout ce qu’on vous dit…

Ah le net, l’information accessible à tous, les réseaux sociaux mais aussi les chaines de mails et leur lot de confusions, erreurs et déformations de l’information…

Je m’explique.

Je lis souvent sur mon mur facebook, je reçois régulièrement dans ma boîte mail des messages qui ont pour but :

  •  de me prévenir d’un danger imminent : les roms, les gangs attaquent, attention à toi !!!!! Ils déposent au bord des routes des lingots d’or pour m’attirer et me  voler ma voiture ainsi que mes enfants qu’ils dévoreront bien sûr lors d’un rituel païen. Les musulmans, enfin les terroristes extrémistes (oui en général, ceux qui envoient ce genre de nouvelles ne s’encombrent pas de nuances) construisent des mosquées en secret dans les sous-sols de nos aéroports sans que personne ne s’en rende compte. Ils sont drôlement mesquins !
  • de solliciter mon aide en jouant sur la corde sensible : et quitte à faire parlons de la maladie d’un enfant qui a besoin d’un don urgent de moelle ou qui attend une greffe du coeur. Evidemment c’est du sérieux hein, on nous fournit même un numéro de standard d’hôpital à joindre. Et si je ne fais pas suivre ce message, je suis très vilaine et sans empathie.
  • de m’alerter sur une catastrophe sanitaire internationale : on m’invite par exemple à regarder la couleur d’une petite bande sur mon tube de dentifrice. Si la bande est noir, attention, je risque de mourir dans d’atroces souffrances, avec d’abord la chute de toutes mes dents puis pour finir la poussée au niveau des aisselles  de protubérances jaunâtres.

… et j’en passe.

Vous l’aurez compris depuis des mois je vis dans la crainte des étrangers, de toute religion qui n’est pas la mienne. Je pleure en pensant à tout ce que pourrait vivre mes enfants. Je passe mon forfait téléphonique dans des appels à des hôpitaux bien égoïstes qui ne prennent pas le temps de me demander si mon coeur est disponible pour une greffe et surtout, je ne me lave plus les dents ainsi que les pieds, les cheveux, la foufoune par mesure de précaution…

Et pourtant mon homme m’a dit que c’était des con**ries tout ça.

  • Selon lui on cherche à me manipuler en me faisant vivre dans la peur et la crainte de mon prochain, cet autre différent en me balançant comme ça des légendes urbaines qui seront encore vivaces dans 20 ans avec un nouveau bouc-émissaire à haïr.
  •  Il dit aussi que des gens plein de bonne volonté au départ diffusent des infos qui au lieu d’aider un enfant, une personne malade…  ne font que saturer les standards téléphoniques des hôpitaux. Il m’a même fait lire un document qui expliquait que le don d’organes en France c’est du sérieux, qu’il n’y a pas d’appel aux peuples mais un système bien organisé. Il y aurait même une loi pour l’encadrer.
  • Il ajoute souvent qu’une information diffusée à la télé, sur le net n’est pas forcément vraie, que le fait d’être publiée n’assure pas sa véracité pleine et entière. Il aime à me rappeler le libre-arbitre, le recul à prendre, le besoin impérieux de toujours chercher à se renseigner, à vérifier ce que l’on me dit, que c’est aussi ça ne pas être le mouton de quelqu’un.

Enfin, si vraiment je doute encore, il m’envoie sur des sites avec des gens comme lui qui ne croient pas tout ce qu’on leur dit les yeux fermés et qui cherchent à vérifier :  hoaxbuster ou encore hoaxkiller sont mes amis désormais ! Vous ne savez pas ce qu’est un hoax ???

Un hoax est une information fausse, périmée ou invérifiable propagée spontanément par les internautes. Les hoax peuvent concerner tout sujet susceptible de déclencher une émotion positive ou négative chez l’utilisateur : alerte virus, disparition d’enfant, promesse de bonheur, pétition, etc. Ils existent avant tout sous forme écrite (courrier électronique, message dans un forum, etc.) et contrairement aux rumeurs hors ligne incitent le plus souvent explicitement l’internaute à faire suivre la nouvelle à tous ses contacts, d’où une rapide réaction en chaîne [Source : hoaxkiller].

Et là tout de suite je me demande : Et si mon homme avait raison ??? Faut que je vérifie !

***

C’était mon pavé dans la mare chez Mère Cane !

les pavés dans la mare

Pavé dans la mare #15 : se justifier…

J’ai l’impression de vive dans un monde où nous devons sans arrêt justifier nos choix, nos décisions, la moindre de nos actions.

Tu décides d’allaiter ou de donner le biberon, sache que tu trouveras toujours une personne pleine de bonnes intentions pour te dire « Et pourquoi ? ».

Tu portes ou utilises une poussette, sache que tu trouveras toujours une professionnelle dans le domaine pour te demander pourquoi.

Tu décides de changer ton mode d’alimentation, de faire un régime, de bannir certaines aliments par conviction, sache que tu trouveras toujours quelqu’un pour désapprouver et te lancer un « pourquoi ? »plein de sous-entendus.

Tu galères financièrement et pourtant tu décides de faire plaisir à tes enfants en leur offrant du dépaysement, un cadeau, quelque chose pour les sortir un peu de ce quotidien qui te bouffe, sache que tu trouveras toujours une langue de vipère pour t’asséner un pourquoi réprobateur.

Tu changes de voiture car décidément la tienne est trop petite avec deux enfants en bas âge, sache que tu trouveras toujours une âme bienveillante pour t’interroger sur le « pourquoi du comment » de la chose, te demandant même si tu as gagné au loto (véridique).

Tu décides de te séparer des gens nocifs qui te méprisent, mentent et parlent sur toi, te font du mal, s’attaquent à toi alors que tu es presque à terre, sache que tu trouveras toujours quelqu’un sur ton chemin faisant mine de ne pas comprendre pourquoi tu as décidé de te protéger.

Tu es au chômage, tu le vis déjà très mal, sache que ce n’est que le début et qu’il y aura beaucoup de gens pour t’entourer et te soutenir mais également un ou deux pour t’interroger sur tes projets en te demandant subtilement pourquoi tu ne fais pas d’efforts pour trouver du travail.

Tu décides après mûres réflexions de rester à la maison pour élever tes enfants ou au contraire de retourner bosser après ton congé maternité, sache que tu trouveras malheureusement parfois des personnes choquées par la situation te regardant les yeux plein de compassion ou de mépris te lançant un « pourquoi » si plein de préjugés.

Personnellement, j’ai décidé de ne plus me justifier sans arrêt, d’assumer mes choix, de les expliquer pourquoi pas mais de ne plus jamais les défendre car ce serait alors répondre à une attaque. A la défense je préfère désormais l’ignorance. Facile à dire mais je vais essayer de m’y tenir. Je prends des décisions,  je les assume. Je me plante, tant pis pour moi mais en aucun cas je n’ai à expliquer comment je souhaite mener ma vie.

Devoir se justifier sans arrêt, c’est comme passer un examen perpétuel, attendre l’approbation (ou non) de l’autre, chercher des explications à des choses faites parfois au feeling. Vivre sa vie c’est déjà bien assez compliqué comme ça sans avoir du temps à perdre avec tous ceux qui ne comprennent pas, n’entendent pas, pensent tout savoir.

« Chercher à se justifier quand on n’est pas coupable, c’est s’accuser. » [proverbe arabe]

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C’était mon pavé dans la mare chez Mère Cane !

les pavés dans la mare

Pavé dans la mare #14 : Qui sont-ils pour juger cette maman ?

C’est l’histoire d’un petit garçon à part, en souffrance certainement, parfois violent, en colère. Il ne supporte pas la contrainte alors à l’école c’est compliqué. Il tape aussi ses camarades, communique peu et pousse de petits cris. C’est vrai qu’il est difficile, qu’il met les nerfs des enseignants à rude épreuve… Mais il souffre d’un trouble du comportement et en tant qu’adultes, les professionnels de l’Education sont là aussi et surtout pour venir en aide à cet enfant.

Aujourd’hui, la maman et le papa de ce petit garçon sont venus à l’école pour discuter avec sa maîtresse. Ils souffrent, ont besoin d’aide, sont perdus. Sa maman a honte également, elle n’ose plus venir à la sortie et envoie son mari à sa place quand il peut… Car d’autres parents la prennent à partie sans cesse pour lui dire que son fils a encore embêté leur fils, leur fille, qu’elle devrait faire quelque chose, que c’est inadmissible Ils sont désagréables avec elle, elle s’excuse, elle est mal, pleure sans doute le soir…

Mais qui sont-ils pour la juger ??? Ont-ils des enfants si parfaits ? Le papa de cette petite fille qui va l’agacer parce qu’elle s’amuse de le voir entrer en crise faisait-il partie de ce jury populaire ? Et cette maman dont la fille refuse de se ranger avec un autre petit garçon parce qu’il est noir est-elle venue l’humilier en public  ? Et ce couple dont l’enfant est sage, intelligent et éveillé s’imagine-t’il la souffrance et le désarroi de cette maman d’un petit garçon « différent » ?

 

Oui ce soir je suis triste pour elle, je suis triste pour son mari, je suis triste pour ce petit garçon… Et je suis en colère devant tant d’égoïsme, d’incompréhension, de jugements à l’emporte-pièce.  Est-ce pour se rassurer que certains mettent au pilori cette famille ? Pourquoi ne pas lui proposer de l’aide ? Essayer de discuter avec elle ?

Les vautours aiment venir se repaître du malheur des autres. La triste destinée de certains fait souvent leur bonheur…

 

Pourtant, je veux croire à un épilogue heureux pour ces trois-là car ce soir cette maman ne pleurera sans doute pas ou aura au moins entendu quelqu’un lui dire « nous allons vous aider. Ensemble, on peut changer les choses ». Elle sait que rien n’est gagné mais elle sait surtout qu’ils ne sont plus seuls. Et c’est si précieux que tout le reste n’est plus que poussière !

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C’était mon pavé dans la mare chez Mère Cane !

les pavés dans la mare

Pavé dans la mare #13 : Pitié, ne parlez pas à mes enfants !!!!

Comme moi (ou pas d’ailleurs) vous avez sans doute fait partie de ces personnes qui avant d’enfanter criaient haut et fort « la télé, pas de ça chez nous ! C’est le mal ! Pas avant 3 ans minimum, namého ! »

Aujourd’hui je dois bien le reconnaître, je suis rattrapée par la réalité et mon quotidien de maman. Et oui, je le confesse, mon fils de 2 ans regarde la télé… Le matin en plus… Et il n’a même pas besoin d’insister. Bon ok, il ne reste pas scotché devant toute la journée en mangeant des chips et en rêvant d’être aussi célèbre que Nabilette (oui, oui, la petite soeur de Nabila, vous ne rêvez pas). Ok là je m’égare.

Tout ça pour dire que oui, il côtoie régulièrement le petit écran, certes sous mon contrôle et à petites doses, mais il le fait. Et en fait… bin CA VA, il survit !

Et j’ai donc eu la chance « immense » de découvrir tout une gamme de dessins animés dont certains hantent encore mes nuits…

Ici, on aime beaucoup les Zouzous sur France 5. C’est adapté à son jeune âge est globalement de qualité. Je pense notamment à « Lulu Vroumette », « Le Dino Train », « Les légendes de Tatonka », « Zou »  ou encore « le Flapacha » que mon homme apprécie tout particulièrement. Mais j’en oublie certainement. En revanche il y en a deux ou trois qui me sortent par les trous de nez :

Vous vous souvenez de Dora ???  (oui, question idiote, je sais.) Vous pensiez sans doute que plus jamais d’autres héros ne séviraient sur nos petits écrans en suivant son modèle ? Et bien que nenni, certains ont osé prendre le relais… Vous devez vous demander ce qu’est ce fameux « modèle » ? Et bien, il est très simple. Vous prenez un ou des héros agaçants qui s’expriment d’une façon agaçante, qui vivent des aventures inintéressantes, avec des péripéties toutes aussi inintéressantes et qui en plus parlent directement à nos enfants, en les prenant pour des idiots sous couvert de leur apprendre des choses… Mais bien sûr !

En devenant maman, je me disais que mes enfants y échapperaient. Et quel soulagement !!!!!!!! (non, non, je n’en fais pas des caisses) Mais ça c’était avant de découvrir les Bubulle Guppies, aaahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh !

Les voici :

bubulle-guppies-600x380

Toujours accompagnés du Professeur Cooper qui leur apprend plein de choses, Molly, Phil, Dina et Luna, de drôles de poissons, t’entraînent dans leurs aventures et te sollicitent pour découvrir avec eux le monde qui les entoure !
Et dans le monde drôle et coloré des Bubulle Guppies on danse, on chante et on s’amuse tout en apprenant. (wikipédia)

Bon perso, je trouve le synopsis de Wikipédia légèrement édulcoré. Pour ma part je dirais que le professeur Cooper est un poisson non identifié, au cerveau atrophié, qui s’exprime avec la voix de Terminator et s’adresse aux enfants à travers l’écran, ceux-ci ayant bien sûr le QI d’un bulot, c’est bien connu. Il est censé leur apprendre des tas de choses merveilleuses sur le monde qui nous entoure. Mouais, enfin rappelons tout de même qu’il vit sous l’eau, qu’il se coltine toute une bande de sirènes et tritons, tous sous sa coupe. Ensemble, ils explorent des pyramides sous-marines, mangent des spaghettis et des boulettes de viande et  rencontrent des lions, des girafes, des chiens… avec des queues de poisson bien sûr et parfois même des oiseaux qui volent sous l’eau tout naturellement…

(Aucun aigle à tête blanche n’a été maltraité pendant le tournage).

Ah et j’oubliais de vous dire qu’ils vivaient leur vie comme dans une comédie musicale, bien que le mot « musicale » me semble ici légèrement surfait. Vous ne me croyez pas ? Ecoutez plutôt mais je vous aurais prévenu ! Ici, nos petites têtes blondes vont apprendre à quoi sert un coiffeur et pourquoi pas à changer de style :

Bref, je n’ai qu’une chose à dire : PITIÉ, NE PARLEZ PAS à MES ENFANTS !!!!

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C’était mon pavé dans la mare chez Mère Cane !

les pavés dans la mare

Être ou paraître, telle est la question…

 

Je me fais souvent la réflexion quand je surfe sur le net, quand je lis des mamans/papas de la blogosphère, quand j’entends parler des collègues, des parents d’élèves, des gens dans la rue, dans la file d’attente d’une caisse… sur leur vie de maman/papa :

Qui sont vraiment ces hommes et ces femmes ?

Je suis d’une nature plutôt confiante, je ne vois pas forcément le mal partout et j’ai plutôt tendance à croire ce qu’on me dit. Alors quand une maman (ou un papa d’ailleurs) expose tout ce qu’il fait de bien pour ses enfants, j’ai envie de le croire. C’est toujours intéressant d’avoir des pistes concernant l’éducation venant de personnes diverses qui semblent réussir et qui mettent en pratique des méthodes parfois peu conventionnelles, demandant du temps et de la patience. C’est encore plus important quand je lis des témoignages de parents qui arrivent à trouver des solutions là où moi je me perds ou ne trouve d’échappatoire.

Bon, c’est également culpabilisant car soit je me dis : « Tu es nulle, tu ne fais pas le quart de ce qu’ils font pour tes gosses… », soit « tu es nulle, eux ils y arrivent, pas toi, pourquoi ??? ».

Bref, j’aime apprendre de ceux qui réussissent.

Oui mais voilà, ça c’était avant. Car dans quelle mesure ces personnes qui parlent, qui semblent tout maîtriser, parfois en jouant les modestes, ne sont-elles pas en train de me raconter des salades ??? Inconsciemment ou consciemment d’ailleurs. Comme être sûre que cette mère/ ce père (qui cuisine, jardine, nourrit sainement ses enfants, joue avec eux la journée entière, gère les crises de sa progéniture avec un taux de réussite de 100%…) ne me ment pas ???

Parfois, je trouve que c’est trop parfait , trop idéal pour être honnête. Certains vous présentent leur vie comme une partition sans fausse note, comme un roman à l’eau de rose avec l’amoureux parfait, les enfants courant dans les champs de blé, le chien suivant de près et aboyant, mais pas trop fort hein. Pour ceux qui connaissent, j’ai l’impression parfois de suivre les aventures de la famille Camden !

Rhô, ils sont cro mignons, des pieds à la tête, des pattes jusqu’au bout de la truffe !

Finalement il y a les parents qui sont et ceux qui paraissent.

Il y a ceux qui sont faillibles, dans la remise en question, dans la recherche de solutions, dans le doute quasi permanent et ceux qui paraissent maîtriser et contrôler la situation.

Il y a ceux qui sont honnêtes et osent avouer leurs défaillances ou leur ras le bol (oui mes enfants me fatiguent, oui mon homme est parfois pénible mais je les aime quand même, « aussi fort  et grand » que mon  petit ♥ le peut) et ceux pour qui cela paraît impensable car tout est PAR-FAIT.

Il y a ceux qui sont dans la vraie vie et ceux qui paraissent vivre a Walnut Grove comme Laura et Mary en leur temps.

Le chien à poils longs, une constante.

Le chien à poils longs, une constante.

Il y a ceux qui sont dans le quotidien avec ses petits tracas et ceux qui paraissent faire de leur vie une vitrine de leur réussite.

Il y a ceux qui sont convaincus qu’avouer ses faiblesses c’est être sur la bonne voie, il y a ceux qui paraissent détester les faiblesses des autres, synonymes au choix d’égoïsme, de manque de conviction ou de courage.

Et s’il n’y avait de parfait que l’amour que l’on porte à ses enfants ? Comment ? On s’en moque au fond, il y a mille façons d’aimer, mille façons de le vivre mais une seule façon de le dire – Je T’AIME – plus forte que tout le reste.