Un jour, je leur raconterai…

Un jour, nous partirons en Normandie, les enfants, mon homme, la tente et moi. On y passera une ou deux semaines, je leur raconterai ce qu’il s’est passé il y a 70 ans dans notre pays. Je leur dirai que des hommes et des femmes courageux se sont battus pour nous libérer, des gens d’ici et d’ailleurs. J’essayerai avec des mots simples de leur faire comprendre que le respect et la tolérance de l’autre, de sa différence peuvent éviter bien des guerres. Nous irons voir ces plages, ces batteries allemandes, ces églises et ces bâtisses aux murs encore meurtris.

Un jour, quand ils seront assez grands, je leur parlerai de leurs arrières-grands-parents, de ce grand papy italien sur le front russe, de ce grand papy champenois qui a débarqué en Provence, de cette grand mamie à vélo qui, il y a fort longtemps, sifflait l’Internationale en allant au ravitaillement sans vraiment savoir ce que cela pouvait signifier, de cette autre grand mamie qui vivant à la campagne partageait un bout du jardin familial avec une famille de la ville en échange de tickets de rationnement. (Sincèrement, j’espère qu’elles seront encore là pour le faire à ma place).

Un jour, je leur dirai qu’ils ont le bonheur de vivre dans un pays en paix, que même si tout n’est pas parfait, la vie est belle !

J’espère qu’à leur tour ils apprendront plus tard à leurs enfants ces notions de tolérance, de respect, de dialogue et l’importance de cette Liberté à défendre.  J’espère que, comme moi, ils garderont en mémoire cette Histoire, la nôtre, pour ne pas reproduire les erreurs du passé. Comme me le disait un de mes contacts sur facebook, en parlant de ces enfants un peu perdus que je rencontre dans mon travail  :

Si personne ne leur  montre le chemin, ils continuent de errer… Alors tu leur donnes la voie pour réfléchir, et ça, ça prend du temps.

Alors oui, je vais montrer le chemin à mes enfants, à ces autres aussi, je vais leur donner la voie pour réfléchir et je prendrai le temps. Et je sais que je ne serai pas seule dans cette aventure car toi + toi + vous + nous c’est déjà beaucoup !

Je suis peut être naïve mais j’ai envie d’y croire ! Oui, un jour, je leur raconterai.

colombe

Réveillons-nous !

Ce soir, j’ai mal. Je suis en colère, j’ai honte, j’ai la nausée… Ce soir, le parti de la haine est le premier parti de France aux élections européennes. Peu importe les chiffres ou le nombre exact de votants, le parti de la haine est le premier parti de France.

Alors on me dira que les gens en ont marre, que les politiques sont tous pourris, qu’au moins EUX, ils veulent changer les choses. On ajoutera que c’est la faute de la Gauche, de la Droite, de la Crise, des Arabes, du complot Sioniste, de Tante Suzanne et Tata Églantine… On conclura que ceux qui ont voté pour la blonde à Papa ne sont pas des fachos mais des gens paumés qui ne savent plus à quel saint se vouer.

Personnellement, je crois que rien ne justifie que l’on puisse voter pour un parti nationaliste, raciste, antisémite… sous prétexte de désespoir, de colère ou autre sentiment de peur ou d’injustice.

Alors cette fois-ci ce pourrait être à moi de vous dire que non, ils ne résoudront rien, que non, votre bien-être leur importe peu. Je pourrais ajouter tout un tas de phrases toutes plus gerbantes les unes que les autres tenues par Jean Marie (Ebola, le point de détail de l’histoire et j’en passe, ça vous parle ?). Je pourrais vous expliquer comment la blondasse de Saint Cloud est encore plus dangereuse que son vieux facho de père. Enfin je pourrais évoquer les sombres heures de notre Histoire à tous et cette incapacité à tirer des leçons de son passé (en 33 aussi, on pensait certains partis presque respectables et sans danger)…

Serais-je entendue ??? Cela servirait-il à quelque chose ? M’accuserait-on de dramatiser ???

Ce soir, j’ai surtout peur de ne pas trouver les mots pour expliquer un jour à mon fils, à ma fille, pourquoi nous sommes gouvernés par la Haine. Ce soir, j’ai juste envie de pleurer car ce que devient notre Pays ne me ressemble pas, j’ai peur pour l’avenir, j’ai peur de ce que je pourrais offrir à mes enfants dans un monde où Marine, son père et les fachos  sont devenus des gens respectables et pas si dangereux que ça..

Non, je ne fais pas de politique, je parle avec mes tripes, je pense à mes gosses. Alors réveillons nous bordel !

no pasaran

D’autres témoignages, d’autres révoltes : Les passions de Mamengagée

[Et voilà aussi pourquoi je vote, par devoir]

La vie continue…

Se lever, faire la lessive, partir bosser ou traîner parce que ce sont les vacances, préparer à manger, faire prendre le bain aux deux petits monstres, flâner sur le net, regarder un petit film, ranger ses papiers, descendre les poubelles, rire, sourire, se prendre la tête, se réconcilier, remplir le caddy, faire ses comptes, appeler sa maman, sa mamie, se coucher, dormir ou tourner en rond…

La vie c’est souvent cette petite routine, rassurante, structurante, dont il est parfois nécessaire de sortir pour mieux la retrouver.

La vie, ce sont ces petits riens qui occupent l’esprit, nous remettent vite les pieds sur Terre.

Il y a plus d’une semaine, celle-ci a joué les salopes. Ma douce marraine a décidé que la vie ne valait plus la peine d’être vécue. La vie qui depuis 18 ans et la perte de ses deux fils n’avait plus aucun sens a fini de l’achever. Cette vie qui n’en était plus une s’est clos brutalement. Cette vie de tourments laisse place  à cette paix et cette sérénité qu’elle recherchait tant. Elle a retrouvé les siens, elle les enveloppe de sa chaleur, je sais qu’elle est bien, enfin.

Et pour nous, la vie continue, sa routine, ses petits riens… l’amour des nôtres.

 

La mort n’est rien, je suis seulement passé, dans la pièce à côté. Je suis moi. Vous êtes vous. Ce que j’étais pour vous, je le suis toujours. Donnez-moi le nom que vous m’avez toujours donné, parlez-moi comme vous l’avez toujours fait.  N’employez pas un ton différent,ne prenez pas un air solennel ou triste.  Continuez à rire de ce qui nous faisait rire ensemble.  Priez, souriez, pensez à moi, priez pour moi. Que mon nom soit prononcé à la maison comme il l’a toujours été, sans emphase d’aucune sorte, sans une trace d’ombre. La vie signifie tout ce qu’elle a toujours été. Le fil n’est pas coupé. Pourquoi serais-je hors de vos pensées, simplement parce que je suis hors de votre vue ? Je ne suis pas loin, juste de l’autre côté du chemin. [Henry Scott-Holland]

 "fleur blanche" par Morgan Kane

« fleur blanche » par Morgan Kane

Son devoir, le mien, le nôtre.

10h30.

Je l’attends au pied de son immeuble. Elle n’est jamais en retard. Toujours là, pile à l’heure. Veuve de militaire, elle en a gardé une certaine rigueur quant aux horaires. Et puis, comme elle aime à le dire, « c’est une question de respect ».

10h45.

Nous voilà devant la salle des fêtes. Elle descend de la voiture, sa cane à la main. Quelques minutes auparavant, elle avait soigneusement pris le temps de sortir sa carte d’électeur et sa pièce d’identité de son sac à main. Elle est tellement méticuleuse, tout doit être prêt. C’est du sérieux tout ça.

Elle avance dans l’allée qui mène au bureau de vote, habillée de son tailleur qu’elle ne sort que pour les grands jours. Cette année, elle avoue pourtant ne pas savoir pour qui voter mais il n’est pas question pour autant de ne pas se déplacer. En fait cela ne lui a jamais traversé l’esprit même s’il lui arrive parfois de reconnaître qu’elle n’a plus grande foi en la politique…

11h10.

Elle sort enfin. Elle souffle et s’essouffle . Elle est fatiguée. Elle n’a plus 20 ans. Elle en a déjà 86.  Cette attente, debout, dans cette file qui mène à l’urne, l’a épuisée.

12h15

Pendant le repas dominical, nous discutons, parlons des élections. De fil en aiguille, elle évoque sa maman et ce fameux jour où pour la première fois elle a pu voter,  où sa voix a enfin compté. Ses yeux brillent en repensant à sa mère qui  en mettant enfin son bulletin dans l’urne venait de rentrer dans l’histoire. Elle n’était pas militante mais elle a rempli son devoir avec fierté et émotion ! Car il fut un temps pas si lointain où l’on pensait qu’une femme ne pouvait, ne devait pas voter…

affiche-vote-femininaffiche vote femme

Cette histoire, c’est celle de ma grand-mère qui n’a jamais raté une seule élection. Cette journée, c’est la sienne, celle de cette femme pour qui voter est un devoir de citoyenne mais aussi  un devoir de mémoire pour toutes celles qui se sont battues ou se battent encore pour faire entendre leur voix.

Ce combat c’est celui mené par ma mamie, sans qu’elle en ai vraiment conscience  d’ailleurs, mais qui jamais au grand jamais ne se laissera aller au fameux « Tous pourris » ambiant.

Alors oui, chacun fait ce qu’il veut. Chacun peut décider de voter (ou non) et pour qui il veut. De mon côté, j’ai décidé de poursuivre sur le chemin tortueux tracé par nos grands-mères et leurs mères avant elles.

Car même quand voter semble ne plus faire sens ou ne servir à rien dans l’esprit de certains, pour moi ce droit reste et restera la plus belle expression d’un combat que nous devons nous, femmes en jouissant, honorer dès que nous le pouvons !

Fragile…

Il y a bientôt sept ans…

Je devrais être au travail mais je n’en ai plus la force, plus l’envie. D’ailleurs je n’ai plus envie de rien. Tout m’indiffère, me stresse ou m’angoisse, au choix. Je suis seule, désespérément seule… J’ai des gens autour de moi, peu, mais ils sont là. Pourtant, je ne ressens qu’un grand vide. Cela fait déjà plusieurs années que cette solitude est mienne. Le plus souvent elle me convient, je suis une solitaire dans l’âme. Je sors peu et préfère la tranquillité et le calme de mon petit « chez moi ». Je suis casanière, c’est sans doute ça. Mais aujourd’hui et depuis quelques mois, cette solitude m’est insupportable.

Rien ne bouge dans ma vie : ce frère qui continue de me parasiter, une envie de rompre ce lien du sang sans sens pour moi mais pas la force de le faire encore; ces parents que j’aime mais avec qui je n’arrive plus à communiquer, leur en vouloir pour tout ce qu’ils ne font pas ou auraient du faire…; cette envie d’être amoureuse, d’être aimée à tout prix, rencontrer quelqu’un mais l’impossibilité d’y arriver tant mon mal être est grand; ce travail qui ne m’apporte rien, me stresse, cette remise en question totale d’une vocation…

Je suis là, assise sur mon lit et déjà j’écris : une lettre pour mes parents, pour leur dire qu’ils n’y sont pour rien, que c’est ma décision, la seule qui finalement fait sens à ce moment précis. Peut être la seule envie qu’il me reste en fait… Les mots sortent assez facilement, comme si je la préparais depuis trop longtemps.

Je pleure un peu mais pas tant que ça. Et puis je me lance…  Enfin j’essaie mais je n’arrive pas à me libérer de ce mal-être. J’ai tenté de quitter cette univers angoissant sans succès.

Je me sens bête, nulle, incapable d’aller au bout des choses. Décidément, je rate tout…Et puis je l’appelle. Cette seule personne qui peut me comprendre. Je lui dis que je viens la chercher à son travail. Je l’attends sur le parking. Je lui raconte tout. Elle m’écoute. Puis elle me dit d’aller voir mon médecin, de venir chez elle quelques jours.

J’ai alors commencé ma thérapie. Enfin, quelque chose se passe dans ma vie.

Aujourd’hui…

Je suis maman, j’ai deux enfants, un amoureux depuis 6 ans et un mois. Je viens d’acheter une maison. Je n’ai plus de frère, il est sorti de ma vie. Une thérapie et deux pitchounes plus tard, j’ai appris à pardonner à mes parents. J’ai des projets, des envies.

Et pourtant, je le sais au fond de moi, je reste fragile. Je sens venir ce moment où il est temps de réagir avant d’aller plus mal. J’ai appris à connaitre ces petits signes précurseurs qui annoncent la dépression. J’ai un terrain favorable.

Alors cette semaine, je suis à la maison. Je suis obligée de me reposer car pour lutter contre mes démons, je dois disposer de toutes mes forces. Le repos de l’âme et du corps sont tellement liés. Je ne culpabilise plus de m’écouter, je ne suis pas faible parce que je ne me force plus, au contraire. Je ne peux plus me laisser aller, des gens dépendent de moi maintenant. Je dois être forte pour eux.

Finalement…

La dépression est une maladie avec ses symptômes, ses causes, son traitement. Je ne sais pas si je l’ai complètement vaincue mais je la maîtrise, je la connais par coeur, je la sens venir, je sais agir à temps. Pour autant je sais que je ne serai jamais à l’abri d’une rechute.

Alors je parle, je dis ce qui ne va pas. J’exprime plus facilement ma colère. J’ai arrêté de taire mon mal être. Du moins j’essaie.

Ce qui est important…

  • Ne pas rester seul avec sa douleur. Il y a toujours quelqu’un à qui parler : un ami, un collègue, une soeur, un membre de sa famille, un inconnu (il existe des lignes d’entraide et d’écoute, sos amitié par exemple), un thérapeute…
  • Apprendre à appeler au secours sans en avoir honte, sans avoir peur de déranger, sans minimiser ce qui nous arrive.
  • S’écouter, apprendre à apprivoiser nos faiblesses, en faire notre force !

Mon corps, cet étranger…

J’ai toujours eu un problème avec mon image, non pas celle que je renvoyais aux gens, mais celle que j’avais de moi même.

Enfant, je me trouvais ordinaire, presque invisible alors que j’étais plutôt une belle gamine, je m’en rends compte maintenant. Mon corps, je m’en souciais peu, je n’imaginais pas ce à quoi je ressemblais. Tout semblait se résumer à cette cicatrice sur ma jambe, seul élément corporel qui semblait m’identifier. Elle ne m’a jamais complexé, elle est d’ailleurs toujours là et j’en oublierai presque son existence.

Adolescente, je me sentais grosse, différente, encombrée par ce corps dont je ne savais que faire. Il faut dire que j’ai bien été aidée en cela par quelques personnes autour de moi qui ne se sont pas privées de me rappeler « ô combien » mes kilos en trop posaient problème… Je n’étais pourtant pas si grosse, je le sais aujourd’hui.

Plus tard, j’ai comme ignoré ce corps. Je ne voulais plus chercher à savoir ce que je laissais à voir aux autres. Je m’étais bien trop souvent trompée, j’en avais parfois souffert.

Désormais, je m’assume la plupart du temps. J’accepte le reflet du miroir. Je sais que j’ai beaucoup grossi, je souffle très vite comme une mamie au moindre effort, à la moindre activité physique.

Mon corps et moi n’avons jamais été en symbiose. Nous n’avons vécu ensemble qu’en décalage complet. Nous nous croisons souvent  mais nous nous évitons cordialement. Mon corps, cet étranger…

Désormais je ne souhaite plus qu’une chose, l’apprivoiser, le comprendre, en faire mon allié. Je veux que mes enfants vivent bien avec le leur, qu’ils l’acceptent, qu’ils s’acceptent. Pour cela il leur faut un entourage à l’écoute, tolérant, encourageant et aussi une maman bien dans son propre corps.

Pour eux, ça ira, je ferai tout pour en tout cas !

« C’était juste pour dire rien du tout… »

Il y a des soirs comme ça où j’ai envie d’écrire sur le blog, une envie irrépressible, presque viscérale.  Allez hop, je me lance. Je m’en vais poser mes mots, pleine d’entrain, en me disant que si l’envie est là, l’inspiration suivra et puis…

LE BLANC, LE VIDE INTERSIDÉRAL !!!!

Pourtant j’en aurais des choses à dire : je pourrais pousser un coup de gueule concernant le dernier statut facebook ou sujet polémique du jour. Non, à quoi bon… Je pourrais évoquer mon futur déménagement, ma vie dans les cartons, le parcours du combattant pour y arriver. Non, les gens s’en fichent, ou pas, mais ai-je envie ? De toute façon, j’ai déjà perdu le fil… Je pourrais aussi évoquer ma dernière passion pour la série The Following (et James Purefoy ! Si, si, vous savez ? Marc Antoine dans Rome ! ) mais j’ai peur de passer pour une midinette. Je pourrais enfin parler de mon fils, ma fille, en pleine forme en ce moment, de notre vie de dingue… mais ça ferait trop « la mère qui se plaint et qui n’a qu’à assumer cette vie qu’elle a voulu ».

ALORS JE M’ABSTIENS, JE PASSE MON CHEMIN. CET ARTICLE CE SERA POUR DEMAIN.

Hé, mais finalement je le tiens mon article ! En fait, c’était juste pour dire…

RIEN DU TOUT. Et c’est déjà pas si mal !

Yeah, finalement j'aurais réussi à la placer cette photo, comme ça, finement, en toute discrétion. Hihi, même pas midinette hein, j'illustre juste mon article !

Yeah, finalement j’aurais réussi à la placer cette photo, comme ça, finement, en toute discrétion. Hihi, même pas midinette hein, j’illustre juste mon article (perfectionnisme, tout ça, tout ça) !

Je materne aussi…

Devenir parents c’est sans cesse s’interroger sur comment élever ses enfants, comment leur donner le meilleur, comment y parvenir. J’ai toujours penser qu’il n’y avait pas de modèles, qu’il fallait faire selon son ressenti, sans jamais se forcer ou aller contre sa nature :

je voulais ardemment allaiter, cela n’a pas marché. Je me voyais porter mes enfants en écharpe, j’ai compris qu’on pouvait les porter de bien d’autres façons. Je n’ai pas pratiqué le cododo avec mon premier et il a dormi très tôt seul dans sa chambre, ma fille de 17 mois dort toujours dans la notre. Mes deux enfants sont nés à la maternité, sans complication, avec des gens à mon écoute mais j’aurais pu accoucher à la maison, peut être pour un troisième, peut être pas. J’utilise les couches lavables, par conviction mais la jetable est parfois mon amie. Mon fils a toujours mangé à la cuillère, ma fille mange seule, avec les doigts, en met partout, est quasiment autonome à table. Je pensais ne jamais crier, sans cesse dialoguer, il m’arrive pourtant de le faire, c’est comme ça…

Quel genre de maman suis-je alors ? Suis-je une « maternante « ? 

Si je tape juste « maternage »  (et non maternage proximal) sur internet, si je lis un peu ce qu’on en dit sur les blogs, quelques mots semblent résumer le maternage : « co-dodo », portage, naissance naturelle, allaitement au sein… J’ai très vite compris que je n’étais donc pas une « maternante » selon ces critères. Pourtant je materne aussi. Je suis à l’écoute constante des besoins de mes enfants. Ce que je fais chaque jour pour eux, je le fais en accord avec moi même, tant bien que mal, dans une optique constante de les aider à grandir en étant les plus épanouis possible, de les porter petit à petit vers l’autonomie. Et de la même façon mon homme « paterne ».

Pour tout vous dire, je trouve dommage que ce terme de « maternage » se résume à des pratiques bien précises alors que pour moi materner c’est tout simplement apporter des soins à son enfant : soin du corps, soin de l’âme, peu importe le chemin emprunté, l’essentiel n’est-il pas de le rendre heureux, de lui donner une vie la plus saine possible, de le laisser pleinement exister en tant que petit être à part entière, de l’aimer tout simplement ?

Je materne, tu maternes, elle materne / il paterne, nous maternons, vous maternez, elles maternent / ils paternent.

Et si on se contentait seulement d’accepter  qu’il y a autant de façons d’être maman que de mamans sur Terre !

mamanbébé angéliqpelletier

Angélique Pelletier – Câlin maman

♥ SOLIDARITÉ AVEC LIANA ♥

C’est en lisant un article du Poudlard Express de Dark Maman que j’ai découvert la terrible histoire de Liana, emprisonnée depuis plus de 600 jours en République Dominicaine.

Très touchée par son drame, j’ai demandé à Elise, sa soeur, qui se bat avec sa famille et ses proches pour sa libération, de répondre à quelques questions. Elle a accepté de prendre de son temps et ainsi nous permettre de mieux comprendre ce combat pour une mère, une épouse, une fille, une soeur : Liana.

◘ ◘ ◘

Bonjour Elise et merci à toi d’avoir accepté de répondre à mes questions.

1. Peux-tu nous présenter Liana, ta soeur ? Quelle genre de femme, de maman est-elle ?

Liana est une femme de 41 ans, maman de 5 enfants. C’est une personne qui aime beaucoup rire, très conviviale et très fusionnelle avec ses enfants. Elle aime les choses simples comme partager un repas entre amis ou en famille, elle est sportive.

Liana et son mari Christophe

Liana et son mari Christophe

2. Liana est emprisonnée depuis plus de 600 jours en République Dominicaine… Quels événements l’ont conduit à vivre une situation aussi tragique ?

Un an après leur mariage Liana et son époux ont décidé de s’offrir un voyage avec leur cagnotte. Ils sont partis avec leur bébé de 15 mois. Ils souhaitaient un endroit ensoleillé au bord de la mer, pratique avec un petit enfant, et « bon marché ». Ils ont donc choisi la République Dominicaine en toute confiance. Liana avait un bagage cabine où elle avait mis tout le nécessaire pour son fils pendant les longues heures de vol. Au moment du retour, ils ont du libérer leur chambre et ont donc laissé comme tout le monde, leurs bagages dans une pièce. A l’aéroport, la valise contenait des paquets qui ont été analysés plus tard comme étant de la drogue, mais plus aucune affaire du bébé.

3. Dans quel état d’esprit se trouve-t’elle actuellement ?

Liana est très forte, mais dans un état de détresse avancée. Ses enfants lui manquent terriblement, elle se sent dépossédée de son rôle de mère. Elle se retrouve enfermée dans un pays étranger où l’on parle une autre langue que la sienne, avec des coutumes qui lui sont étrangères, une alimentation très pauvre. Liana a en plus des problèmes de santé (elle souffre d’asthme et d’épilepsie) qu’elle ne peut pas soigner correctement. Elle est à bout a du être hospitalisée plusieurs fois, mais veut se battre pour que justice soit faite. C’est pourquoi elle a décidée d’utiliser toutes les voies de recours.

4. Comment peut-on la soutenir ? Comment peut-on soutenir votre famille ?

Liana a reçu de nombreux soutiens, y compris de personnes qu’elle ne connaissait pas. C’est important pour elle de se sentir comprise. Nous avons créé une association afin de prendre en charge ses frais d’avocats qui sont très élevés, ainsi que ses dépenses courantes. Nous avons également mis en place un site internet ainsi qu’une adresse mail qui permet de lui écrire. Régulièrement un personne sur place, que nous rémunérons, imprime les courriers et les lui transmet. En retour, il scanne ses lettres et nous les envoie par mail. Tout le monde peut donc lui écrire, et la soutenir financièrement grâce au site (il est possible de faire un virement, un chèque ou un Paypal).

5. Peux-tu nous parler de la vente solidaire dont tu es l’une des instigatrices ?

Il faut bien comprendre que cette tragédie coûte plusieurs dizaines de milliers d’Euro, que nous sommes seuls à supporter. Il y a les avocats bien sûr, mais également les cartes de téléphone pour qu’elle puisse régulièrement appeler ses enfants, l’eau, la nourriture, les produits d’hygiène, les voyages sur place. Une amie, Vanessa Reignier, a eu l’idée d’une vente solidaire. Des donateurs (créateurs ou non), donnent des articles à vendre. Ce peut être des bijoux, vêtements, livres,… La vente se déroulera sur quelques jours. Dès qu’un acheteur souhaitera acquérir  l’article, il règlera directement à l’association.

6. Pour terminer, je te laisse cet espace pour compléter ce que nous avons dit, pour préciser si tu le souhaites quelque chose que nous n’aurions pas évoqué.

Il est urgent que Liana sorte. Et nous sommes seuls à combattre une injustice. Nous avons besoin d’aide! Cela peut arriver à n’importe qui, et comme tout le monde, nous n’aurions jamais pensé que cela puisse nous arriver.

◘ ◘ ◘

Merci encore à Elise pour son témoignage. Si je ne devais faire qu’un souhait pour cette année 2014, ce serait que Liana puisse retrouver les siens, voir grandir ses enfants, sans avoir peur pour sa propre vie. Courage à Elle et tous ceux qui vivent sans Elle !

Le 08/07/13

Hier, dimanche, j’ai appelé deux de mes enfants qui sont en vacances chez mes parents. Ma fille de 9 ans ½ me dit « Maman, j’ai fait 40 longueurs de piscine… » ; mon fils de 7 ans, lui, me dit « Maman, ça y est, j’ai appris à nager, sans bouée, aujourd’hui, et je saute même là où je n’ai pas pied ! ».
Je leur dis combien je suis fière d’eux parce que c’est vrai.
Quand j’ai raccroché, j’ai craqué littéralement, ils grandissent, ils évoluent, ils progressent, et moi, je suis enfermée, je ne peux rien leur apprendre, je ne peux pas les féliciter comme je le voudrais…
Je sais que je ne sers à rien derrière ces barreaux jaunes. Je suis fatiguée de vivre certaines choses par procuration. J’envie mon mari, mes parents et mes proches de pouvoir « profiter » de mes enfants.
Il faut trouver la force, la motivation pour continuer ce combat dans ces conditions. Le temps passe et je perds patience…
C’était le petit instant « déprime »…

A bientôt !

Liana GUILLON

 

L’association :   association Liana

D’autres articles solidaires :

Si vous faites un article, signalez-le moi pour que je vous ajoute.

Pavé dans la mare #18 : Mère au foyer VS Mère qui bosse ?

J’ai lu de ci, de là sur la toile, essentiellement sur facebook, que le statut de mère au foyer allait être sérieusement remis en cause suite à des propos tenus par Najat Vallaud Belkacem. J’ai donc essayé de me renseigner un peu en cherchant sur mon moteur de recherche favori et je vous avoue avoir eu du mal à en savoir davantage… Je me suis donc contentée d’un article (largement partagé sur les réseaux) publié sur le site www.libertepolitique.com (Vous pouvez le lire ici) et de l’interview de la Ministre dans les Echos qui me semble somme toute encore présenter des éléments assez vagues relevant plus d’une réflexion personnelle que d’une réelle décision politique en l’état actuel des choses  .

Par ailleurs, je ne peux m’empêcher de me poser des questions quant à une publication sur un site de mouvance catholique, soutien ouvert à « la manif pour tous », plutôt opposé à l’IVG et proposant dans son « Espace librairie » beaucoup d’ouvrages ne correspondant pas à ma représentation de la famille, remettant en cause la laïcité, et j’en passe. Disons que pour le coup j’ai peur que cet article soit trop orienté et ne nous donne qu’une part de la réalité.  Je suis donc méfiante, désolée, c’est un réflexe dès qu’il s’agit d’une information du net.

Mais je m’égare, là n’est pas le propos de mon article.

Comme vous le savez sans doute, je suis une maman qui travaille et qui le vit bien dans la mesure où je  n’ai pas vraiment le choix :

  •  j’ai le plus gros salaire du foyer donc qui dit temps partiel ou congé parental, dit très grosse perte de revenu pour la famille.
  • j’ai moins de frais de garde que la plupart des couples qui travaillent car j’ai la chance d’avoir une maman qui s’est libérée pour garder mes enfants deux jours par semaine (je vous rassure, elle ne le vit pas comme un sacrifice me l’ayant elle-même proposé). Je suis enseignante, j’ai donc tous mes mercredis avec eux (profitons-en encore un peu), les week-end et les vacances scolaires, et donc par conséquent aussi, moins de frais de garde. Donc ce que je gagne en continuant de travailler ne va pas entièrement dans les poches de ma nounou mais me permet d’assurer une meilleure qualité de vie à notre foyer.
  •  j’ai conscience de rater des choses, c’est douloureux parfois, mais je l’accepte tant bien que mal, faute de pouvoir faire autrement pour l’instant. Et puis, rater des choses ne veut pas dire non plus que je rate tout. 😉
  • enfin, dans l’absolu, même si je le pouvais, je ne pense pas que je pourrais être maman au foyer car c’est une implication de tous les instants et j’ai compris récemment que j’avais besoin aussi de mon travail pour évacuer un peu les tensions du cocon familial et revenir apaisée après avoir pris du recul, pour mieux savourer ma vie de famille. L’idéal pour moi, un mi-temps mais encore une fois, c’est actuellement inenvisageable.

Et vous savez au fond ce qui m’inquiète le plus dans ce nouveau débat (y’en-a-t-il vraiment un d’ailleurs) ?

Et bien j’ai peur qu’on se retrouve à confronter les mères au foyer aux mères qui bossent en cherchant à savoir qui a fait le bon choix, qui a tort. Je crains que des esprits simplistes confondent tout : mères au foyer rimant avec assistées, feignantes, ménagères et mères qui travaillent se couplant à carriéristes, obsédées par l’argent, négligentes.

J’espère me tromper, j’espère que cette « pseudo » réforme qui n’existe pas encore, qui n’existera peut être jamais, ne verra pas le jour. J’espère que les gens comprendront qu’il n’y a pas de luttes entre les mamans, peu importe leur choix. J’espère que les mères comme moi qui continuent d’avoir une vie professionnelle ne seront plus jamais considérées comme des « sous-mamans », que celles au foyer seront enfin reconnues et non plus jugées comme des citoyennes fantômes existant uniquement pour et par les autres et non pas par elles-mêmes.

***

Voilà, c’était mon pavé dans la mare chez Mère Cane !

les pavés dans la mare