Un cadeau pour la maîtresse (ou le maître) !

Oui, je sais, vous me voyez venir avec mes gros sabots !

Tiens, t’as vu l’instit’, elle fait sa liste de cadeaux pour la fin de l’année ! Elle croit à la mouche qui pète !!!! Pfffffffffffff…

Que nenni ! Je ne suis qu’une fausse maîtresse, qui joue « les bouche-trous », celle qu’on aime faire enrager, celle qu’on trouve parfois plus cool que maîtresse Georgette, celle qui peut apparaître comme le messie, celle que l’on voit comme Victor Novak, la virilité et la moto en moins, bref, je suis la remplaçante ! (Bon en vrai je suis une maîtresse comme les autres, titulaire d’un vrai poste hein, juste je me balade de ci, de là, mais là n’est pas le propos). Alors les cadeaux, j’en ai peu, voire jamais… C’est donc par pur altruisme que je vous propose cet article, pour vous parents, pour vous consœurs et confrères (ne me remerciez pas ! ^^).

Bref, si vous faîtes partie de ces parents (gentils, adorables, merveilleux, exceptionnels et un peu reconnaissants ^^) qui se sont déjà posés la question du cadeau à la maîtresse (ou au maître), soyez très attentifs !

La voici, la voilà,  ma petite sélection de cadeaux pour gâter celle ou celui qui a accompagné vos petits bouts pendant 1 an sur le long et passionnant chemin de l’apprentissage (oui, oui, je sais, c’est beau) :

  • Par exemple, si j’étais le genre à posséder le dernier portable trop tip top tendance (oui, ça se saurait si c’était le cas…), cette petite coque me plairait bien !
coque iphone 5 - gommettes Coque rigide iPhone 5/5S Coque de protection en métal et plastique pour iPhone 5/5S.  17,90€

coque iphone 5 – gommettes
Coque rigide iPhone 5/5S
Coque de protection en métal et plastique 
17,90€

Bon, il vous reste moins de 3 semaines pour découvrir quel téléphone possède maîtresse Chantal. Et si celle-ci ne vous convient pas, il y en a un bon petit paquet par là (vous pourrez même aussi faire le bonheur de l’ATSEM) : Danger Ecole – Boutique (Merci Jack Koch !)

  • En revanche, si maîtresse Sylvie n’est pas vraiment une prof à gommettes (oui, j’ai bien dit gommettes) ou si son portable ressemble plus à celui de Papy Marcel, optez plutôt pour un mandala ou autre coloriage anti-stress, elle en aura fort besoin (maître Antoine aussi cela dit):
Inspiration Japon, 70 coloriages anti-stress [Broché] 8,46€

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8,46€

  • Si maîtresse Daphné n’en peut plus de ces coloriages pour adultes (car merde les mandalas ça fait 10 ans qu’elle en bouffe !!!!), optez plutôt pour la tasse à café, thé ou tout autre liquide chaud, partenaire officiel de la récré. Je suis personnellement  assez fan de ce mug MOI  ! Vous le trouverez chez ma copine Olivia, sur sa boutique ABC DArk Magie :
Mug Hypno'flowers blue 12€

Mug Hypno’flowers blue
12€

  • Et pourquoi pas un petit cadeau tout simple pour dire merci  (oui, oui, on ne fait pas ça pour ça mais c’est un mot qui nous fait du bien « comme même ») ? Rien de plus facile ! Voici deux badges forts sympathiques pour maître Kevin (j’en connais !) ou maîtresse Wendy chez Selon les Pointillés !
série de 2 badges  6€

série de 2 badges
6€

Série de deux badges 6€

Série de deux badges
6€

  • Et puisqu’une instit’ n’a jamais assez d’une seule trousse, « allez chercher bonheur » chez Les Griottes ! Vous y trouverez toute une gamme variée, à personnaliser ! (Et vous pourrez donc également dire « Merci Maître Bruno, j’te kiffe ! », enfin c’est une idée comme ça).
Trousse maîtresse Vintage, à personnaliser 19,90€

Trousse maîtresse Vintage, à personnaliser
19,90€

  • Mais vous avez la possibilité de faire dans le « home made » pour un cadeau tout simplement unique et accessible à tous  :

– quelques petits gâteaux joliment emballés (la maîtresse et le maître sont gourmands – la gourmandise, autre partenaire officiel de la récré).

– un petit dessin, petit texte… de votre enfant, juste « pour toi maîcresse ! ».

– et plein de trucs par ici qui me plairait bien (même si comme je vous l’ai dit, je n’aurais rien…) (vous l’avez saisie le message subliMINABLE).

 

Bon, vous ne pourrez plus dire que vous ne savez pas quoi offrir, je vous ai carrément mâché le travail, alors au boulot !!!!!!!!!!!!!!!!!! (ou pas).

***

Edit du 18/06 : je tenais à préciser que je ne considère pas que le cadeau fait aux maîtresses et aux maîtres en fin d’année soit un dû, et c’est le cas également d’un très grand nombre d’enseignants. J’ai fait cet article sur le ton de l’humour et aussi parce que j’ai constaté qu’il existait une réelle demande sur le sujet chez certains parents.

Le cadeau aux instit’ n’est pas la norme de toute façon mais si certains ont envie de le faire pour de multiples raisons, autant les aider un peu 😉

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Quel « genre » d’Ecole pour nos enfants ?

Quand on travaille dans l’enseignement on s’habitue très tôt à entendre tout et n’importe quoi sur notre profession. On apprend à ne plus se justifier d’avoir choisi ce métier par vocation et non pour les vacances. L’expérience aidant, on repère très vite les personnes avec qui il sera impossible d’échanger car pleines de préjugés, peu importe les arguments présentés. On excelle dans l’art de passer son chemin face à certaines aberrations ou autres amalgames proférés.

Enfin la plupart du temps…

Car oui, je suis humaine et parfois l’agacement semble poindre le bout de son nez, la colère me monte au nez… Et c’est le cas actuellement.

Rentrons dans le vif du sujet, parlons « théorie du genre ».

Cette théorie du genre ou « gender » est apparue, dans les années 1970 aux Etats-Unis, notamment sousla plume de Judith Butler. Son livre intitulé Trouble dans le genre – Pour un féminisme de la subversion  a été traduit en français en 2005.

Selon l’auteure, la distinction entre homme et femme, ainsi que l’hétérosexualité, est avant tout une construction sociale et culturelle. En somme, au delà des seules différences biologiques, il existe des interactions psychiques données par l’entourage ou la société dans le but d’assigner des rôles à chacun. [Source : europe1.fr]

Mon but ici n’est pas de débattre de cette fameuse théorie du genre qui serait apparemment  enseignée à nos enfants à l’école. (J’attends d’ailleurs toujours que l’on m’en fasse la preuve. Circulaires, BO et autres programmes semblent tout comme moi être passés à côté de l’info). Certains vont même jusqu’à dire que l’école chercherait à gommer les différences homme-femme, voulant faire de nos bambins des êtres asexués ou pire encore qu’elle laisserait les enseignants choisir le sexe de leurs élèves (Je suis Dieu !). Charmante perspective n’est-ce pas ?

Alors excusez-moi mais sur ce coup je vais vous dire simplement et crûment ce que j’en pense : il faut être sacrément naïf, bête et manquer de jugeote pour croire de telles absurdités.

En revanche il est bel et bien question d’enseigner l’égalité fille-garçon à l’école (cf. l’ABCD de l’égalité).  Egalité ? Aurais-je dit un gros mot ?

L’égalité entre les filles et les garçons, une mission de l’École ?

C’est la mission du système éducatif de faire réussir chacun et chacune, fille ou garçon, de la maternelle à l’enseignement supérieur. Cette réussite implique que les valeurs humanistes d’égalité et de respect entre les femmes et les hommes soient transmises et comprises dès le plus jeune âge. Ainsi, en améliorant l’enseignement à l’égalité garçons-filles, le ministère poursuit plusieurs objectifs :

Renforcer l’éducation au respect mutuel entre les filles et les garçons
Lutter contre les stéréotypes, et donc contre toutes les discriminations
Œuvrer pour la mixité des filières de formation et en faveur de l’égalité professionnelle. [Source : education.gouv.fr]

Théorie du genre ??? Alors là j’avoue, je cherche encore le lien. Mais je dois être un peu bête. Ou alors je fais preuve de corporatisme et de mauvaise foi. Ce doit être ça…

A moins qu’il ne s’agisse que d’amalgames ? En fait, pour faire simple, il y a ce que les gens imaginent  que l’on va faire (nier les différences biologiques hommes-femmes, créer de petits êtres asexués) et la réalité (enseigner l’égalité homme-femme dès le plus jeune âge pour lutter contre les inégalités homme-femme dans nos sociétés). On ne parle pas de biologie mais bien de rôles sociaux tenus par chacun. Et oui, de ce point de vue là, il faut bien parler d’une égalité nécessaire entre les hommes et les femmes. Il faut bien comprendre qu’il n’y a pas de déterminisme, qu’une femme et un homme peuvent exercer la même profession, qu’il n’y a pas de statuts ou positions dans la société plus dévolus aux femmes ou aux hommes, qu’une petite fille peut avoir les mêmes rêves qu’un petit garçon et inversement, les mêmes chances de réussite.

Alors quand j’entends dire que certains parents ont « retiré » leurs enfants de l’école en signe de contestation  de cette théorie, je prends peur face à la rumeur. Quand on sait que  Farida Belghoul, proche d’Alain Soral, en serait à l’origine, je me dis que l’on atteint des sommets.  Il serait peut être temps de développer davantage son esprit critique et sa curiosité intellectuelle, de chercher un peu plus loin que le bout de son nez, d’arrêter de jouer les moutons.

Et j’aurais pu parler de l’enseignement de la masturbation en Maternelle… Et puis non en fait, je crois que ceux qui ont envie de croire N’IMPORTE QUOI, n’y entendront RIEN.

Sur ce, je vais profiter de mon repos forcé à la maison pour reprendre la liste de mes élèves et choisir quel sexe je vais leur attribuer. A bon entendeur…

Elles aussi donnent de la voix !

Un peu de respect, gamin !

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C’est l’histoire d’une femme de 32 ans qui ne se perçoit pas comme une vieille mais qui doit bien reconnaître que dans les yeux d’un gamin de 8 ans elle en a tous les traits.

C’est l’histoire d’une maîtresse, remplaçante par choix et fière de l’être, qui ne recherche pas pour l’instant à exercer son métier autrement et qui aime ça (la plupart du temps), qui a un VRAI poste d’enseignante et qui pour cela aime qu’on la considère comme telle et non comme prof’ au rabais.

Un beau jour elle est appelée pour remplacer un maître dans une classe de CE2, pour un après-midi seulement, un tout petit après-midi. Elle est un peu en retard, ayant été prévenue au dernier moment. les élèves sont donc tous répartis dans les autres classes de l’école. Ils sont plutôt satisfaits : changement d’habitudes, glandouille à gogo. Elle attend dans la classe qu’ils arrivent au compte gouttes. Dans le couloir l’un deux s’écrie « Fais ch***, on va bosser… ».  Il rentre avec ses copains, dont un pouffe de rire en la voyant elle, celle qui vient tout gâcher. Ils s’installent, le blondinet continue de sourire en la regardant.

Le reste du groupe est enfin là et comme si la maîtresse ne comptait pas, ils parlent, rient, se moquent pas mal du silence gentiment demandé par l’instit’. Sa voix change alors  de ton, il se fait plus sévère… Le silence est une dernière fois demandé, plus fortement. Enfin, elle va pouvoir leur parler, leur expliquer le déroulement de cette demi-journée. Pas besoin de se présenter, ils la connaissent, c’est une habituée. Elle a même passé quelques semaines avec eux, il y a quelques années, à leur entrée en Maternelle.

Elle sait que ce groupe de 26 élèves n’est pas facile mais ils sont attachants pour la plupart et à chaque fois elle y retourne pleine d’espoir.

Mais il y a toujours ce rire dès qu’elle parle, explique, reprend quelqu’un, se trompe de prénom (Maël, Naël, Anaël…), se retourne. C’est lui, le blondinet. S’il s’agissait juste d’un enfant au rire facile, elle laisserait couler mais non. Il se moque. Elle n’est pas parano, non. Elle a juste l’habitude. Elle prend son mal en patience. Elle se dit qu’il ne faut pas aller tout de suite à l’affrontement direct. Elle veut lui laisser sa chance malgré tout. Et puis, il n’a que 8 ans mince, il ne peut pas être déjà si impertinent, moqueur, irrespectueux.

La récré se passe. Une petite puce de la classe vient la voir : « il m’a traité de chien, il m’a lancé des cailloux pour faire les croquettes, il me faisait – ouaf, ouaf petit toutou _- … » Pour l’enseignante, c’en est trop ! Il doit s’expliquer. Mais il rit, s’en moque, ce n’est pas grave ce qu’il a fait « c’est bon quoi ! ». Il se fiche que cela puisse la blesser, il lui dit clairement. Elle lui demande de faire des excuses et d’un air narquois il lui envoie « Paardoonnnnnn, je suis désolé pffff ».

Chaque échange avec lui durant le reste de cette trèèèèèès longue après-midi se passe ainsi. Elle argumente, elle dialogue, il n’en a que faire. Elle hausse le ton, joue la sévérité, isole l’enfant à une table dans un coin de la classe pour ne pas « polluer » le groupe classe par son perpétuel mépris, elle lui parle de respect, de tolérance, il la toise. Et là, elle n’en peut plus. Elle prend son carnet de liaison, écrit un mot aux parents, demande qu’il soit vu et signé aussi par le maître habituel. Elle sait que ça ne servira sans doute à rien mais elle ne peut laisser faire, dire. Il est de son devoir d’en parler.

Demain, elle sera dans une autre classe. Tout se passera bien, ou peut être pas. Mais elle sait une chose, c’est que depuis bientôt 10 ans qu’elle est dans le circuit dont 6 en tant que remplaçante, ces gamins minoritaires au départ sont de plus en plus nombreux. Ils ne sont encore qu’une part moindre des élèves qu’elle côtoie mais elle ne peut que faire le constat d’un irrespect grandissant par rapport à l’enseignant, l’adulte en général, les pairs également.

Alors elle est sans doute de la vieille école (elle ne le croit pas vraiment) mais elle ne peut s’empêcher de croire qu’un gamin de 8 ans ne devrait pas parler comme ça à la vieille de 32 ans qu’elle est.  Car peu importe sa façon de gérer la classe, les conflits, les incompréhensions, elle le fait toujours dans le respect des petits mecs, des petites bonnes femmes qu’elle a devant elle. Souvent c’est même plutôt aux parents qu’elle aimerait parler. Encore faudrait-il qu’ils daignent la saluer à la sortie…

Ah, en fait elle comprend mieux maintenant, il n’y a pas de fumée sans feu… Alors même si elle sait aussi que tous les enfants, tous les parents ne sont pas comme ceux décrits dans son histoire, elle ne peut pas, ne peut plus nier le problème.

UN PEU DE RESPECT, GAMIN !

Jack Koch

Jack Koch

Une première rentrée des classes : conseils pratiques [3]

Suite et fin de ma série d’articles sur la rentrée scolaire, plus particulièrement sur la première rentrée en Maternelle.

Après la préparation et le déroulement de ce premier jour, je vais essayer de vous donner aujourd’hui le plus possible de conseils pratiques pour que tout se passe au mieux à l’école, au quotidien.

1. LES VÊTEMENTS :

  • Pensez bien à marquer les vêtements du prénom de votre enfant. Cela vous semble certainement évident mais chaque année des habits se perdent, sans être réclamés, sans que nous puissions en trouver le propriétaire. Il peut aussi y avoir des tenues en doublon dans certaines classes. En marquant, cela évite les échanges. Ce travail certes laborieux facilitera la vie des enseignants et de vos enfants.
  • Privilégiez les tenues pratiques et confortables. Les enfants sont peu autonomes au niveau de l’habillage, surtout en début d’année. Pour permettre une aide à l’habillage et au déshabillage mais surtout pour faciliter l’autonomie de vos petits bouts (que ce soit au moment de la sieste, de la récré,du passage aux toilettes…),  évitez les superpositions de couches et sous-couches, la ribambelle de boutons, les cols trop étroits, les pantalons trop serrés, les bretelles et autres ceintures, les gants à doigts en hiver… Dans le même ordre d’idées, prenez essentiellement des chaussures à scratch que les enfants pourront mettre seuls, avec une bonne tenue aux pieds. En effet chaque jour,  ils se défouleront allègrement dans la cour esquivant  (ou non) moult flaques et autres ennemis des parents. Ils iront également quotidiennement en salle de motricité avec l’enseignant, ils doivent donc être le plus à l’aise possible.
 © V. Sauquère

© V. Sauquère

2. LE GOÛTER :

  • Théoriquement, » La collation matinale à l’école  n’est ni systématique ni obligatoire ». Pourtant elle est encore souvent pratiquée.  Dans le cas où vous fournissez ce goûter, évitez les gâteaux au chocolat ou tout autre aliment salissant. Optez plutôt pour un fruit, un produit laitier, du pain ou gâteau type gâteau sec :

Les boissons ou aliments proposés aux élèves doivent permettre une offre alimentaire diversifiée favorisant une liberté de choix, en privilégiant l’eau, les purs jus de fruits, le lait ou les produits laitiers demi écrémés, le pain, les céréales non sucrées, en évitant les produits à forte densité énergétique riches en sucre et matières grasses (biscuits, céréales sucrées, viennoiseries, sodas..). [en savoir +]

3. LE MATÉRIEL : 

  • Le maître mot : solidité ! Qu’il s’agisse du « cartable », du sac pour les livres de bibliothèque etc… privilégiez la solidité avant tout, le tout étant tout à fait compatible avec l’aspect esthétique.  Pour les sacs servant au transport du classeur, du cahier de vie ou autres (cela dépendra des demandes des enseignants), j’ai toujours trouvé ceux en tissu plus pratiques et plus résistants. Vous pouvez vous faire plaisir sur des petites boutiques de créateurs ou tout simplement réutiliser le sac de courses en tissu que l’on trouve partout en grande surface.

***

Voilà, j’ai sans doute oublié certaines choses, n’hésitez donc pas à me solliciter.

Ce chapitre sur la rentrée étant clos sur mon blog, je vous souhaite à vous et vos enfants, une très belle rentrée, pleine de découvertes et de joie !

 

Sur le même thème : préparation de la rentrée + déroulement et gestion de la première journée

Une première rentrée des classes : comment gérer la toute première journée ? [2]

Dans moins de deux semaines, c’est la rentrée des classes. Chaque enfant, chaque parent vit cet instant d’une manière différente : entre joie, impatience et appréhension, il faut s’y préparer.

Mais s’il y a bien une rentrée particulière, c’est cette toute première rentrée dans la vie d’un  enfant, ce premier contact avec l’école, cette première rencontre avec un mode de vie en communauté, communauté dans laquelle il évoluera encore un certain nombre d’années.

J’avais évoqué dans un article précédent comment se préparer justement à cette fameuse 1ère rentrée, celle de nos petits de 2 ou 3 ans [article ici]. Aujourd’hui c’est le déroulement de cette première journée que je souhaite évoquer, ainsi que la gestion de la séparation.

  •  Une première journée :

Il n’y a pas de journée type, pourtant par expérience, on retrouve souvent peu ou prou le même déroulement.

– le temps d’accueil  : les enfants arrivent en classe et sont le plus souvent accueillis par la maîtresse/le maître, histoire de se présenter, de faire connaissance. Souvent les enfants sont peu loquaces alors ne vous étonnez pas si l’enseignant n’insiste pas et le laisse découvrir seul la classe, en douceur. Mais encore une fois il n’y a pas de règles et certains sont de vrais moulins à paroles.

Il arrive aussi parfois que la maîtresse/le maître donne à chaque élève une étiquette avec son prénom (collier autour du coup, autocollant apposé sur son vêtement…). Ne soyez pas choqués, il s’agit juste de pouvoir s’adresser à l’enfant par son prénom durant cette première journée, sans se tromper, plutôt que de devoir lui demander sans arrêt, sans avoir forcément de réponse. Cela sécurise l’enfant, facilite le travail de l’instit’.

Pendant ce temps d’accueil, c’est l’occasion également pour l’enseignant de rencontrer les parents, et réciproquement (même si souvent il y a déjà eu un premier contact au moment de l’inscription par exemple). L’enseignant essayera ainsi de parler avec chacun. Mais il est évident qu’il y aura beaucoup de monde avec qui échanger, que les questions et interrogations seront nombreuses du côté parental. N’hésitez pas à interroger ce jour-là mais attendez-vous aussi à ce que la maîtresse/le maître ne soit pas aussi disponible que possible. Rassurez-vous en vous disant  qu’il y aura d’autres matinées pour le faire.

Durant ce temps d’accueil, les enfants jouent essentiellement, découvrent la classe qu’ils ont peut être déjà vu mais dans d’autres circonstances. Ils rencontrent également leurs nouveaux camarades. Il est possible que votre enfant refuse de jouer, il ne faut surtout pas s’en inquiéter. C’est une journée particulière pour lui, de nouvelles personnes à connaître, un nouvel espace, de nouvelles habitudes… Laissez lui le temps.

Certains parents voulant bien faire insiste auprès de leur enfant pour qu’il joue avec les autres, salue la maîtresse… Il n’y a pas d’urgence, cela se fera petit à petit. Si ce n’est pas aujourd’hui, ce sera pour un autre jour.

Viens ensuite le moment de la séparation (j’en reparlerai plus tard).

– le reste de la journée : souvent les enfants ne restent que la demi-journée. Durant cette matinée, ils vont jouer, chanter, écouter des histoires, découvrir les lieux où ils vont vivre une année (la salle de classe, la salle de motricité – « de sport » – les toilettes, la cour de récréation…) et apprendre à connaître leur maîtresse/maître, leur Atsem, les autres camarades.

Certains, dès le premier jour seront immédiatement dans leur élément, d’autres resteront dans leur coin pour observer, analyser à leur façon, et puis il y a ceux aussi qui pleureront un peu, beaucoup. C’est évidemment difficile pour les parents de ces enfants de ne pas pouvoir être auprès d’eux. Et même s’il est compliqué de prendre tout ça avec du recul, il est rare que cet état perdure et puis les adultes de la classe seront très présents pour eux, les bras de l’enseignant et de son ATSEM y sont bien préparés.

– Et pour les parents qui ne seront pas là ce jour-là ? 

Je serai moi même dans cette situation l’année prochaine. Et il m’est difficile d’imaginer que je ne pourrai vivre cet instant avec mon fils. Quant à mon homme, pourra-t’il être là lui aussi ?

Mon conseil : à défaut de ne pouvoir être présente à ses côtés, j’y enverrai ma maman qui se partage la garde avec la nounou. C’est une personne qu’il connait bien, en qui il a confiance, une personne aussi qui sera à l’écoute de mes questions, de mes demandes. Et pour vous rassurez un peu (je me rassure en même temps), souvent les enfants emmenés par leur nounou, mamie, papy, tonton… souffrent moins de la séparation.

– Et pour les enfants qui restent à la journée ?

Je vous conseille de vous renseigner sur le déroulement de la sieste (très variable d’une école à une autre).  N’hésitez pas à parler des habitudes de sommeil de votre enfant, c’est important pour les gens qui s’occuperont de lui à ce moment-là.

  • La séparation :

Je crois que c’est finalement ce qui angoisse le plus les parents concernant cette première journée. En effet il est fort probable que votre petit bout pleure au moment de se séparer. Je dis bien fort probable mais ce n’est pas automatique. Certains n’esquivent pas même  une larme, se contentant d’un câlin, d’un bisous et à toute à l’heure. Dans ce cas précis, vous avez de la chance. Laissez le tranquillement dans son nouvel élément, partez en douceur et dites-vous qu’il se trouve bien là où il est.  Et si l’émotion est trop forte, tenez bon devant lui. C’est souvent quand les enfants sentent leurs parents fébriles qu’ils craquent.

Pour ceux qui pleurent… Rassurez votre enfant bien sûr avec vos mots, expliquez lui que vous reviendrez (ou que nounou/mamie… reviendra) après qu’il ait bien joué avec ses copains. Expliquez lui ce que vous allez faire (travailler à la maison, s’occuper du petit frère/ de la petite soeur, aller au bureau, faire le ménage, ranger la maison, faire les courses…) en étant très concret qu’il puisse bien s’imaginer où vous êtes, cela lui apportera certainement un petit regain d’apaisement. Votre enfant ne s’arrêtera pas forcément de pleurer dans l’immédiat mais il aura entendu et compris vos mots.

Et encore une fois si cela est compliqué émotionnellement, il ne faut pas éterniser les adieux. Cela ne fait que rajouter de l’angoisse à la séparation. Oui je sais c’est facile à dire mais votre enfant ne pourra être serein s’il vous voit si mal de le laisser dans ce nouvel environnement.

Et puis si cela peut atténuer vos appréhensions, grand nombre d’enfants se calment vite une fois les parents partis.

Enfin après la séparation et le temps en classe, vient le moment des retrouvailles. Il arrive parfois que vous retrouviez vos enfants en pleurs. Ne vous inquiétez pas. Certains ont tant attendu cet instant qu’une fois arrivé, il pleure comme pour évacuer le trop plein d’émotions de la journée. Ne vous imaginez pas qu’ils ont pleuré non-stop.

Prenez le temps de parler avec l’enseignant pour faire un petit bilan. et je peux vous assurer que dans 90% des cas, il sera positif.

Pour finir je dirais que, oui, il faut avoir conscience que ce moment ne sera pas facile. Il faut donc se préparer nous mêmes, parents, à tenir bon, être forts devant notre enfant pour le rassurer et lui donner du courage, et surtout ne pas devenir un facteur d’angoisse supplémentaire. Bien sûr vous craquerez peut être, c’est bien normal, mais à la maison, sur le chemin du retour… de préférence 😉

Et puis gardons en mémoire que cette première rentrée peut être aussi et surtout une très belle journée !

Ph. © Patrice Boucher/Fotolia.com

Ph. © Patrice Boucher/Fotolia.com

Sur le même thème :  préparation de la rentrée + conseils pratiques

 

Une première rentrée des classes : comment s’y préparer ? [1]

Parler de rentrée scolaire en ce début de mois d’Août peut vous paraître un peu prématuré. Pourtant je pense qu’il n’est jamais trop tôt pour se préparer à la 1ère rentrée de son enfant, qu’il ait 2 ou 3 ans.

Je n’ai pas la prétention de porter la bonne parole. Ici je donne des pistes pour que cet événement des plus importants dans la vie d’un enfant et de ses parents se passe au mieux. Car si cette étape marque le passage vers un nouvel environnement plein de richesse, elle peut s’avérer aussi très anxiogène.

Alors parlons-en, simplement et dédramatisons ensemble.

1. S’Y PRÉPARER ÉMOTIONNELLEMENT.

Laisser son enfant n’est jamais chose facile. Il existe toujours des appréhensions, des craintes à s’en séparer. Et quoi de plus normal ! Car même si nous le laissons à des professionnels de l’enfance, il n’en reste pas moins pour nous des inconnus. Et quand il s’agit de nos « bébés », il est parfois difficile de relativiser et de rationaliser.

Alors plutôt que de lutter contre ce sentiment, il est préférable d’essayer de positiver en pensant aux nouveaux copains qu’il/elle va se faire, aux jeux qu’il/elle va découvrir, aux multiples apprentissages qu’il/elle fera… Et pourquoi aussi ne pas en parler autour de soi et tenter de trouver une oreille attentive qui à son tour parlera de son propre vécu de parent.

Des livres aussi peuvent éventuellement apporter un support de discussion intéressant. Il y en a à foison.

Le plus important est d’essayer de ne pas transmettre son angoisse à son enfant, elle ne doit pas devenir la sienne.

Et justement, nos enfants dans tout ça ?

Personnellement, je ne crois pas qu’un enfant de 2 ou 3 ans éprouve une quelconque appréhension quant à l’école et sa première rencontre avec elle. Il n’a généralement pas de préjugés positifs ou négatifs sur cet environnement qu’il ne connait pas, si ce n’est ceux de ses parents.

Pour autant, nous ne devons pas nier l’importance de le préparer à cet événement, tout en douceur bien sûr. Comment ?

En expliquant simplement ce qu’est l’école en se centrant sur la vie en communauté (« il y aura beaucoup d’autres enfants »), sur les personnes qui s’occuperont de lui/elle (« la maîtresse/le maître t’apprendra des choses, une autre dame [l’ATSEM]  l’aidera et t’aidera »), sur ce qu’il/elle va y faire (« à l’école tu vas apprendre beaucoup de nouvelles choses… ») en donnant des exemples concrets s’il/elle le souhaite. Mettre l’accent aussi sur le fait qu’il/elle ne va pas que travailler, il/elle continuera à jouer, ce sera même le principal vecteur des apprentissages.

Il peut être intéressant également de lui montrer sa future école. Souvent les écoles maternelles organisent en juin une ou plusieurs journées pour visiter l’école, rencontrer les différents intervenants et prendre connaissance des lieux.  Mais rien n’empêche de repasser devant l’école pendant les vacances, pour que ces lieux lui deviennent plus familiers. Pas la peine non plus d’y aller tous les jours.

D’ailleurs globalement, il serait préférable d’éviter d’en parler constamment, sauf si bien sûr c’est lui qui en parle le plus 😉 . Cela pourrait avoir l’effet inverse de celui escompté en créant une angoisse par rapport à un événement qui paraît SI important aux yeux de maman, aux yeux de papa.

Selon moi les maîtres mots sont : expliquer – répondre à leurs questions s’ils en ont – familiariser – le tout en douceur.

2. S’Y PRÉPARER MATÉRIELLEMENT.

L’assurance : penser à souscrire à une assurance scolaire. Assurez-vous qu’elle garantisse les dommages qu’il peut subir ou faire subir aux autres (responsabilité individuelle et civile).

Le site de la MAE explique bien à quoi sert une assurance scolaire, je vous y renvoie, non pas pour y souscrire, mais pour mieux comprendre.

Les achats à effectuer : difficile de faire une liste universelle, chaque enseignant aura sa propre liste. Cependant, en général, il y a les grands classiques : chaussons avec bonne tenue aux pieds, mouchoirs, vêtements pour le change, sac à dos (ne le prenez pas trop gros)… parfois, certains enseignants demandent des photos pour identifier les enfants et leur place aux portes manteaux par exemple. Pour le reste, attendez la rentrée et rassurez-vous la liste n’est jamais bien longue.

3. LA PROPRETÉ.

C’est souvent ce qui effraie le plus les parents, que leur enfant ne soit pas « propre ». Surtout, il est important de ne pas se focaliser uniquement sur ce point. Un enfant doit être « propre » pour entrer à l’école mais les accidents arrivent à la maison comme à l’école. L’ATSEM est là pour assurer aussi son bien être, il sera changé si cela arrive. Et il ne sera pas le seul. Mettre une trop grosse pression à l’enfant sur ce sujet ne peut que retarder cet apprentissage de la propreté.

Et j’ai même lu certains témoignages de mamans qui expliquaient que leur école acceptait les couches au début. je ne l’ai personnellement jamais vécu mais n’hésitez pas à en parler à la rentrée avec l’enseignante si vous avez encore quelques craintes.

***

Voilà, j’espère par ces quelques mots avoir répondu à certaines questions que tout parent se pose avant cette toute première rentrée. Bien sûr j’ai sans doute oublié des choses, alors n’hésitez pas à poser vos questions en commentaire.  J’y répondrai volontiers et cela pourra faire l’objet pourquoi pas d’un édit sous l’article.

Quelques jours avant la rentrée, je publierai la deuxième partie de ce questionnement qui sera plus centrée sur le déroulement de cette première journée et la gestion de la séparation.

Sur le même thème : déroulement  et gestion de la première journée + conseils pratiques

Pavé dans la Mare #12 : Ne mets pas ton enfant à l’école…

… c’est pire que le Goulag…

En tout cas, c’est ce que semblent vouloir faire croire les médias.

En effet, c’est LE truc du moment : nos enfants sont en danger à l’école car les professeurs sont tous de très mauvais pédagogues, prêts à humilier à la première occasion, aimant dominer et s’en prendre à de plus « faibles » qu’eux. Nos petites têtes blondes vivent dans un milieu éducatif oppressant, liberticide, angoissant… Oui, je caricature sans doute un peu… ou pas. Je résume surtout l’état d’esprit de quelques uns.

Depuis quelques jours, je ronge mon frein, je ne dis rien mais je lis, entends ici et là, le récit de quelques enseignants ayant commis des actes peu glorieux, réellement humiliants, loin de tout ce qui fait mon métier. Comme beaucoup, je condamne ce genre de procédés. Mais je n’en peux plus de voir à quel point cette mise en lumière médiatique de phénomènes isolés crée de la paranoïa et fait du mal à toute une profession. Comment imaginer que ces épiphénomènes deviennent soudain la norme ???

Non, je vous rassure, nous ne passons pas nos journées à imaginer par quels moyens tordus nous allons bien  pouvoir rabaisser un enfant. Non, nous ne faisons pas ce métier pour exercer notre autorité sur les enfants des autres…

Il existe dans ce métier -longtemps le plus beau du monde, aujourd’hui un des plus décriés- une majorité de personnes qui le font par vocation ou au moins avec sérieux et conviction. J’en fais partie même si je remets souvent en question mon choix professionnel. Car oui, les conditions de travail tant humaines que matérielles sont de plus en plus difficiles. D’ailleurs, plutôt que de s’offusquer de quelques événements fort malheureux et extrêmement regrettables, remettant ainsi en cause toute une profession, les gens devraient plutôt mobiliser leur énergie pour défendre une école de plus en plus délaissée, soumise à une logique comptable.

Jack Koch

Jack Koch

Car oui, comme dans tout métier il y a de sacrés abrutis dans l’Education Nationale, mais il y a aussi et surtout des professionnels qui font de leur mieux pour instruire et ouvrir au monde les élèves qu’ils ont face à eux.

***

C’était mon pavé dans la mare chez Mère Cane, un peu en avance ou en retard, au choix !

les pavés dans la mare

Pavé dans la Mare #11 : Cher parent d’élève(s)…

Toi qui hier m’as donné envie d’écrire ce pavé. Toi qui en une seule après-midi m’as beaucoup fait réfléchir sur toi, parent, adulte, concitoyen. Toi qui fais partie d’une minorité mais qui prends tant de place…

Toi qui, parce que tu paies des impôts, estimes que je suis à ton service, simple fonctionnaire à la belle vie, que je suis ton larbin et que pour ces raisons je ne mérite que peu de considération,

Toi qui arrives régulièrement en retard sans un mot d’excuse mais qui ne supportes pas que j’ouvre la porte de la classe avec deux petites minutes de retard,

Toi qui m’accompagnes en sortie scolaire pour papoter avec tes potes qui accompagnent eux aussi et qui me laisses  gérer seule une classe de petits monstres déchaînés, tout en surveillant le moindre faux pas de ma part pour mieux me l’envoyer en pleine figure par la suite,

Toi qui n’arrives pas à gérer ton enfant une fois sorti de la classe, qui te plains de ses frasques, qui n’y arrives plus mais qui ne comprends/n’acceptes pas que moi avec 25 élèves je ne maîtrise pas tout de A jusqu’à  Z, chaque jour de l’année, comme par magie,

Toi qui réclames un cadeau de la fête des pères/mères, une sortie pique-nique… mais qui ne remercies jamais parce que c’est « normal » de la faire, alors que non, ce n’est pas normal, ce n’est pas dans les Programmes,

Toi qui penses que l’Ecole est une garderie, que notre boulot est simple, que nous ne faisons rien alors que Toi, tu bosses, tu en baves,

Toi qui papotes sur le trottoir devant l’Ecole critiquant devant tes enfants la maîtresse qui n’assure pas…

Sache que

Je ne suis pas à ton service mais au service du développement de ton enfant et de ses apprentissages,

Je bosse tout comme toi même si je ne suis pas la plus à plaindre,

Je n’irais jamais en sortie avec mes enfants car ce jour là je bosserai forcément,

Je n’assisterai jamais à aucune rentrée de mes enfants et que c’est loin d’être facile et tout ça parce que je bosse moi aussi encore une fois,

Je suis ton égale même si ça te fait mal, même si tu préfères m’ignorer, me regarder de haut… et que tu me dois donc le respect,

Je ne donnerai jamais l’exemple que Toi tu donnes à tes enfants, l’exemple d’un adulte irrespectueux, méprisant, sans savoir-vivre, sans aucune reconnaissance…

Sache enfin que

bien heureusement, tous ne sont pas comme toi. Il y a des parents qui s’impliquent, reconnaissent que nous bossons dur, nous respectent comme leurs égaux, et ils sont nombreux.

Ces parents je les remercie car sans eux, il y a bien longtemps que le fossé entre enseignants et parents se serait transformé en un gouffre sans fin.

***

C’était mon pavé dans la mare chez Mère Cane.

les pavés dans la mare

De toi à moi #1 : L’Instruction en Famille

de toi à moi

Notre rubrique, votre rubrique.

Vos questions, nos réponses.

Des découvertes pour vous mais aussi pour nous qui ne connaissons pas par avance les réponses de l’autre.

Des thèmes d’actualité, de société… sur la famille mais pas seulement.

Le rendez-vous du mercredi toutes les trois semaines pour parler, apprendre, débattre.

1, 2, 3 ! Que les sujets inspirent, que les idées virevoltent, que les échanges soient riches !

***

Si l’instruction est obligatoire en France depuis la loi de Jules Ferry en 1882, le choix du mode d’instruction est toujours resté une liberté parentale inscrite non seulement dans le Code de l’éducation, mais aussi dans la Déclaration universelle des droits de l’homme.
Nous allons donc tenter de répondre à vos questions sur l’I.E.F. (ou Instruction en Famille), à ne pas confondre avec l’instruction à domicile, qui relève d’une inscription auprès d’un établissement d’enseignement à distance (le CNED étant national, mais il en existe d’autres privés), cas où l’enfant est déclaré par un chef d’établissement et donc considéré comme scolarisé, recevant ses cours à domicile.
Aujourd’hui en France, près de 40000 enfants sont concernés par ces deux types d’instruction à la maison.

Place maintenant à vos questions, merci à tous d’avoir participé avec autant d’enthousiasme !

***

1- Quelles sont les démarches et formalités administratives pour pratiquer l’I.E.F. ?

Personnellement, je n’en avais aucune idée… Je ne me suis jamais vraiment posée la question à vrai dire. Je vous renvoie donc à ces informations trouvées sur le site du service public :

ief capture

Pour information DASEN : Directeur académique des services de l’éducation nationale, anciennement Inspecteur d’Académie.

Par contre si je savais qu’il y avait un contrôle pédagogique, j’ai découvert que le maire de la commune de la famille devait lui aussi effectuer un contrôle pour vérifier si ce mode d’instruction était compatible avec le mode de vie de la famille.

2- Y’a-t-il une aide financière apportée aux parents ayant fait ce choix ? Ont-ils des documents sur lesquels s’appuyer ?

Je ne crois pas qu’il y ait d’aides spécifiques à ce mode d’enseignement. Par contre j’ai appris en fouinant un peu qu’en passant par le Cned l’ARS (allocation de rentrée scolaire) était toujours versée mais pas pour l’IEF.  Concernant les conditions pour en bénéficier il est dit :

« L’enfant doit être inscrit dans un établissement ou un organisme d’enseignement public ou privé. L’enfant inscrit auprès d’un organisme d’enseignement à distance, comme le Centre national d’enseignement à distance (Cned), ouvre également droit à l’ARS. En revanche, les enfants instruits au sein de leur famille n’y ouvrent pas droit. » [source]

Par rapport aux documents, je dirais qu’ils sont les mêmes que pour les enseignants (programmes, documents d’application…), les ressources sont accessibles à tous, le site de référence pour la documentation « officielle » étant le CNDP (Centre National de Documentation Pédagogique) : site du CNDP

Après, il y a tout un tas de sites d’enseignants ou de parents pratiquant l’IEF sur la toile. A consulter avec un oeil toujours averti, comme pour tout sur le net ! Si vous le souhaitez je peux vous donner par mail quelques liens si vous en faites la demande.

3- Une pièce spécifique est-elle nécessaire pour l’I.E.F. ?

Personnellement, je ne pratique pas l’IEF mais j’imagine que si je le faisais, j’aimerais qu’il y ait une pièce spécifique, encore faut-il en avoir les moyens « techniques ».

4- Comment peut-on apporter autant aux enfants en I.E.F. qu’à l’école alors que les enseignants ont une formation adaptée ?

A-t-on besoin d’être un génie pour faire l’I.E.F. ?

Je pense que je ne vais pas plaire à tout le monde mais il me semble que pour être enseignant, il est nécessaire d’avoir une formation spécifique, car comme tout métier, cela ne s’improvise pas. Enseigner c’est transmettre des savoirs mais c’est aussi provoquer, faciliter, créer les conditions de l’apprentissage. Et ces choses ne s’inventent pas. Elles demandent une formation théorique pour être ensuite mises en pratique, parce que chaque enfant est un apprenant à part entière et unique.

En gros, je dirais, mais ce n’est que mon opinion, que l’IEF est une bonne solution pour des enfants sans difficultés, qui apprendront partout, dans n’importe quelles conditions, avec n’importe quelle méthode. En revanche je m’interroge sur sa pertinence avec des élèves ayant des troubles de l’apprentissage par exemple. Nous, enseignants, avons à l’école, en plus de notre formation, des partenaires (encore mais pour combien de temps ???)  pour nous venir en aide avec ces élèves et je ne crois pas qu’en tant que parent qui enseigne, sans formation professionnel, l’on puisse assumer à la fois les rôles d’enseignant/psychologue/neuropsychologue/éducateur spécialisé/psychomotricienne… En revanche tout professeur est formé pour être interpellé par certains signes, ce qui n’est pas forcément le cas pour un parent pratiquant l’IEF, et peut ainsi adapter ses méthodes au trouble en question car il est armé pour.

Et sans aller jusqu’aux troubles de l’apprentissage d’ailleurs, je dirais qu’un parent peut apporter (presque) autant qu’un enseignant pour un enfant doué, ayant des facilités, pour le reste, j’en doute. Au moins faut-il qu’il soit bien épaulé, pourquoi pas par un ami, voisin, proche… dans l’enseignement.

Je ne juge pas mais je me dis qu’on ne s’improvise pas chirurgien, architecte ou électricien, alors pourquoi cela serait-il le cas pour l’enseignement ?

Pour conclure sur cette question, non, il ne faut pas être u n génie pour pratiquer l’IEF. Je suis enseignante et je suis loin de porter ce titre alors pourquoi les parents le devraient ?! 😉

NB : concernant les troubles de l’apprentissage, je vous conseille ce document de l’académie de Grenoble : cliquez ici

5- Qu’en est-il du développement psycho-social des enfants ? Ont-ils des risques d’être moins socialisés en I.E.F. ?

Concernant la socialisation, sincèrement  je ne m’avancerais pas. L’école socialise, c’est indéniable. Pour autant le fait que l’école joue ce rôle ne veut pas dire que l’IEF ne le puisse pas. Disons que tout dépend après de la façon dont les parents gèrent ça au quotidien. Mais il me semble évident qu’un enfant n’allant pas à l’école peut être parfaitement sociable et peut apprendre aussi les règles de vie en société.

Cela dit, je nuancerais quant aux enfants issus de milieux socialement plus défavorisés. Pour eux, l’école est une vraie chance de s’ouvrir au monde, monde parfois inaccessible s’ils restaient dans le cocon  familial uniquement.

J’ai enseigné un an dans une ZEP où aller à l’école était pour certains l’unique sortie quotidienne, l’unique source de culture, une culture plus large que celle du cercle de la famille.

6- Voudrais-tu ou aurais-tu aimé faire l’I.E.F. à tes enfants ? Pourquoi ?

Oh que non, être la maîtresse de mes enfants, sans façon 😉 Enseigner est mon métier et je n’aimerais pas devoir le faire à la maison. Et puis la question ne se pose pas car comment pratiquer l’IEF en ayant un  emploi ? … Cela me semble difficile me concernant mais il y a  des super-women comme Mandy et sa tribu lactée !

Dans l’absolu, une seule chose pourrait m’y pousser : si je me mets à rêver, je me dis que ce serait génial de partir faire le tour du monde avec mes petits bouts pendant quelques temps et donc de leur faire l’école sur la route, tadam, tadam, tadadadam ♪♫♪ . Mais ce n’est qu’un doux rêve et c’est bien comme ça.

Et puis j’ai de très bons souvenirs d’école et j’aimerais que mes pitchounes puissent avoir la chance de s’en créer aussi. Après si je me trouvais face à une phobie scolaire chez l’un d’eux, évidemment je m’adapterais.  Je ne suis pas fermée non plus.

Je respecte ceux qui font cette démarche de l’IEF mais je reste persuadée que l’école est le meilleur moyen d’apprendre, dans la grande majorité des cas en tout cas.

***

J’espère avoir répondu au mieux à vos questions sans avoir offusqué quiconque. Je suis ouverte à la discussion, celle-ci pouvant se poursuivre en commentaire. Pour compléter  je vous conseille cet article très fouillé trouvé par ma consoeur, cliquez ici.

En attendant, je vous invite à découvrir ce que Gaïa et Ses Bulles de Vie en dit, d’ailleurs personnellement, j’y cours (oui, oui, c’est elle ma consoeur) !!!!

L’Ecole c’est aussi ça…

J’ai longtemps hésité à publier cet article qui traînait dans mes brouillons depuis un certain temps. Peur que certains le prennent comme une réponse potentielle à l’un de leurs articles, peur aussi d’être considérée comme un porte drapeau de l’Education nationale, donc peu objective. Et pourtant…

Ici je parle avec mon coeur, de part mon expérience d’institutrice qui ne passe pas son temps uniquement à se plaindre, promis 😉 Je ne m’oppose en rien à l’Instruction en Famille qui relève d’un cheminement très personnel et que je peux bien évidemment comprendre même si ce ne sera pas mon choix.

*

Si l’on s’en tient aux Médias et aux clichés ayant cours, l’Ecole est devenue un lieu de violences, incapable de lutter contre l’échec scolaire, formatant toute une génération d’enfants pour en faire de bons petits soldats, niant leur individualité et leur liberté, tout ceci ne pouvant se faire qu’avec une armée d’enseignants souvent tire aux flancs, massivement peu concernés et/ou dépressifs.  Et comme tout cliché, il y a du vrai dans tout ça mais soyons honnêtes c’est aussi et surtout une belle caricature.

Pour moi l’Ecole ce n’est pas que ça , ce peut être aussi :

– des enfants émerveillés, participant à une représentation d’un spectacle musical dans le théâtre de leur ville, un lieu où beaucoup n’étaient encore jamais venus, vivant dans un quartier difficile où la priorité financière ne réside pas dans les activités culturelles.

– une petite fille de 3 ans, sourde depuis la naissance, évoluant au milieu d’autres enfants qui apprennent avec la maîtresse les premiers signes pour communiquer avec elle, au delà du handicap.

– la naissance d’une idée, la mise en oeuvre d’un spectacle, la création de costumes, la mise en lumière d’un travail collectif, la fierté de présenter cette oeuvre à un public de parents forcément très concernés.

– un lieu d’apprentissages par le jeu, le tâtonnement,  l’expérimentation, la manipulation, où l’erreur est acceptée et perçue comme un moyen de progresser ensuite par bon nombre d’instituteurs.

– un espace de discussions où la punition ne règne pas forcément en maître, un lieu d’échange, de débats.

– des souvenirs d’une classe découverte, avec les copains, les boums, le « mono trop cool », la sortie en bateau…

– des sorties scolaires et leurs deux atouts majeurs : le bus et le pique-nique 😉

– des petits mots passés plus ou moins discrètement à son voisin de devant.

– un maître/une maîtresse qui aura toujours une place à part dans votre coeur, qui vous écoutera, vous aidera à avancer.  Une jeune fille en souffrance, victime de maltraitance qui pourra enfin se faire entendre auprès de son institutrice et de l’infirmière scolaire.

Toutes ces choses listées de manière non exhaustive, je les ai vécues, en tant que maîtresse, en tant qu’enfant, en tant qu’élève.  Et j’ai bien conscience que chaque vécu est très différent mais c’est ma réalité.

*

Alors oui, l’Ecole n’a pas l’exclusivité de la vie en communauté, de la socialisation, comme elle n’est pas uniquement ce lieu stressant et liberticide, parfois décrit.

Ce qui est sûr, c’est qu’Elle n’est actuellement pas considérée comme la priorité qu’elle devrait être, que les classes sont surchargées, qu’il y a certes de la violence scolaire (à l’image peut être aussi de la société dans laquelle nous vivions)  et un mal être chez certains professeurs mais malgré tout, l’Ecole est aussi (et surtout je l’espère) un lieu d’expérimentation, de découvertes diverses et variées, de rencontres enrichissantes, de souvenirs heureux, composés de professionnels cherchant la plupart du temps l’épanouissement de leurs petites « têtes blondes ».

*

Pour conclure, je dirais simplement qu’il s’agisse d’Instruction en Famille, d’Ecole publique, d’Ecole privée, chacun choisit la voie que ses enfants emprunteront, en pensant à leur bien être avant tout, en fonction aussi de son propre vécu et en n’oubliant pas la responsabilité que l’on a en tant qu’enseignant et/ou parents apprenants, bref en connaissance de causes.

L’Ecole ce n’est pas forcément l’Enfer pour tous, et surtout pas un lieu de perdition.

Mon Ecole à moi, je veux juste la réhabiliter, elle est peut être malade mais pas condamnée. C’est à nous aussi de vouloir la maintenir en bonne santé, parents, enseignants et citoyens !